Il y a 6 ans, je m’asseyais pour écrire 3 kifs par jour. Depuis, j’ai franchi des chaines de montagne de création, de travail, d’invention et de concentration. J’ignorais ce qui suivrait. J’ai relevé de gros défis : nouvelles écritures, tutos, conférences, ateliers, pédagogies diversesvidéos, et jusqu’à ces derniers temps, même une pièce de théâtre écrite et jouée avec des complices. Depuis 6 ans, donc, ma tête était en ébullition, jusqu’au week-end dernier.

Mains perdues… et retrouvées

Le 11 novembre, j’ai retrouvé des fils et une aiguille. J’ai rendu visite à Edith, mon amie brodeuse, qui m’a offert un carré de toile. Et c’est reparti. Mes mains se sont raccrochées à mon édifice. Plus seulement pour enfoncer des touches de clavier, cuisiner ou s’agiter quand je parle, mais pour se lancer de nouveau dans de la création manuelle. Juste les doigts qui bougent, sans connexion à la parole ou d’autre formulation d’idée qu’une forme à donner, un clou ou un chou à planter.

 

J’ai éprouvé la sensation de me retrouver

Lors d’une de mes vies passées, je cousais et je brodais, devenue artisane en réaction, peut-être, à trop d’activation de ma zone cérébrale. Cette période avait ouvert ma voix créative et libéré ma fantaisie. Je fabriquais professionnellement des rideaux, des caches pots et des coussins, des housses et des décors.

Puis la psychologie était revenue frapper à ma fenêtre et je me suis réjouie de la retrouver. Pour petit à petit, laisser mes doigts au fond de mes poches. Utiles mais asservis, appliqués, résignés. Le week-end dernier, ils ont repris la barre.

 

Transformation intérieure spectaculaire

Je n’écris même pas cela ici pour m’en persuader, je viens de passer le plus paisible lundi de cette décennie.

Mon niveau de stress s’est effondré et ma couche d’ozone s’est reformée.

Cet ouvrage au point de croix m’a à l’oeil et je suis contente de l’avoir choisi pour retrouver mes mains.  Comment ai-je pu, une fois de plus, m’oublier de la sorte ? À force de raconter que nous sommes plein de choses en même temps pour être tout à la fois, je m’étais amputée. J’en ai probablement trop parlé.

Il devenait urgent de me racheter des gants.

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2 commentaires sur “Mains perdues”

  • Véronique Romain dit :

    En lisant cet article je ne peux m’empêcher de penser »après l’effort le réconfort » comme c’est agréable de retrouver la douceur et le bienfait de gestes aimés après avoir développer des capacités ignorées, après s’être dépassé dans un nouveau domaine. C’est notre récompense ultime, le cadeau que l’on se fait à soi-même et qui prend une saveur toute nouvelle!
    C’est ça le bonheur!
    Véronique Romain

  • Guylène dit :

    Oui, parfois, on ne sait pas pourquoi on a complêtement arrété une activité qui nous plaisait. On pourrait juste en faire moins mais continuer. Mais non, on arrête complêtement !
    Je tricotais quasiment tous les jours et je trouvais ça déstressant le va et vient des aiguilles. Et puis mes enfants sont arrivés, j’ai caché les aiguilles. Résultat : 25 ans sans tricoter.
    Cet artile me donne envie de m’y remettre 😉

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