Une PPF de compétition

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Connaissez-vous les PPF ?

Les p*tain de premières fois sont les situations inédites dans lesquelles nous nous trouvons. Il y en a de toutes sortes. Quand on sort de chez le coiffeur avec une nouvelle couleur, qu’on enfourne son premier macaron, qu’on se déplace dans un pays dont on parle mal la langue, etc. Ce que toutes ces situations ont en commun est la vulnérabilité qui les accompagne. 

Vulnérables et désorientés

Lorsqu’on débute quoi que ce soit, même si on le fait avec niaque et l’envie de réussir, l’excitation sera toujours supplantée par l’incertitude, le risque et des montagnes russes émotionnelles. Avoir de l’expérience ne se remplace par aucun raccourci. Tant qu’on n’a pas vécu quelque chose, on ne sait pas comment s’y prendre. 

Il nous est déjà arrivé de renoncer à tenter le neuf tant le confort de l’habitude nous cajolait. Sans expertise, on préférait ne pas y aller. Mais sans maladresse, on ne vit qu’à moitié, et surtout, comment pourrait-on se renouveler ? L’exploration est LE secret sans lequel, nous nous ratatinons.

Et bien, nous sommes servi·es

Car à moins d’être enfermé·e dans une télé-réalité allemande, il ne vous aura donc pas échappé que nous avons tous été collectivement, mais alors dans le monde entier, propulsés non seulement dans une PPF, mais aussi dans une PPP*. Une première fois de compétition qui nous a tiré le tapis de sous le pied, le plancher de sous le tapis et le sol de sous le plancher. Sauf que la lévitation, nous ne la pratiquons pas encore. 

Brené Brown

Cette chercheuse en sciences comportementales a consacré 20 ans à définir et comprendre la vulnérabilité. Confrontée, elle aussi à une modification radicale de sa vie depuis la semaine dernière elle décrit dans un podcast enregistré de sa penderie ce qui est en train de nous arriver. En voici les premiers éclairages : 

Apprivoiser l’inconfort

Et regarder l’inconnu dans les blanc des yeux sont les chevilles ouvrières du courage. Savoir qu’on a déjà traversé des situations parfaitement difficiles et que malgré notre apparente fragilité nous en sommes ressorti·es avec de nouvelles habitudes, informations et compétences réveille notre bravoure. 

Nommer la PPF

Définir ce qui nous déstabilise, terrorise ou paralyse nous redonne du pouvoir, car notre espèce a besoin de sens. Identifier ses difficultés nous donne un dragon à terrasser et désigne la mission.

 “Normaliser” la situation

On ne se sent pas mal parce que tout part à veau l’eau mais parce qu’on ne reconnaît plus rien et il est donc NORMAL d’être déstabilisé. Ne gâchons pas l’incomparable valeur de la nouveauté, ça va durer un bon moment, profitons-en, plutôt.

Calmer le jeu

En se rappelant que rien n’est permanent ni universel. Tout passe et l’incompétence dans un domaine de notre vie ne nous empêche pas de rester compétent·es dans d’autres. Une pandémie s’arrête aussi. 

Remettre ses attentes à jour

Car “une attente est une déception tapie dans l’obscurité.” Chaque jour qui passe depuis le début de cette crise a balayé des attentes que nous avions. Sortir, aller travailler, déposer ses enfants à l’école, se projeter. Le plus quotidien n’étant plus accessible, nous l’avons rapidement remisé. Pour le moment.

La déception est un droit

Bien sûr, on préfèrerait voir ses amis et tout le reste. Nos enfants aussi. Mais être en sécurité, en bonne ou relativement bonne santé et avoir ce dont on a besoin pour s’alimenter, est le nouveau luxe. Pour le moment. 

Apprendre à dire ce que l’on ressent

Il est naturel de se sentir submergé·e, dépassé·e, inquiet·e, anxieux·se, en cours d’adaptation, etc. On est tous et toutes dans le même cas. Au passage, écouter les autres, ce que chacun ressent est tout aussi légitime que nous traversons.

Se méfier des experts

Plus on est vulnérable, plus on est tenté de se reposer sur celles et ceux qui ont des certitudes. Ne pas les choisir à la légère. Il vaut mieux faire de l’exercice physique et dormir que de s’abreuver de nouvelles. 

Et surtout, nous allons nous habituer à quelque chose dès que nous le pourrons. Nos organismes sont programmés pour le faire.

 

Ecouter le podcast de Brené Brown : Unlocking us

 

 

 

 

*P*tain de première pandémie. 

Publié le 27 mars 2020

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