La pleine conscience est un jeu

Chronique Psychologie Positive
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Ellen Langer, professeure à Harvard considérée comme la mère de la pleine conscience, a invité des musiciens d’orchestre dans son laboratoire. Instrumentistes professionnels, ils ont l’habitude de rejouer les mêmes partitions inlassablement. Lors d’un premier enregistrement, elle leur a demandé de repenser à une circonstance au cours de laquelle ils avaient joué avec beaucoup de plaisir, de faire appel à ce souvenir et de délivrer la mélodie, autant que possible, à l’identique. Puis, pour le second enregistrement, elle les a priés d’y introduire des nouveautés subtiles, qu’eux seuls pourraient détecter.

Ces deux captations ont été retransmises à des auditeurs sans leur en annoncer la couleur. Pourtant, à l’unanimité, tous ont largement préféré la seconde mouture. Musiciens compris. Celle qui avait été jouée en pleine conscience du moment présent plutôt qu’en revivant un moment passé.

Pour Ellen Langer, l’absence de pleine conscience laisse le passé déterminer le présent, nous rendant imperméables au contexte actuel. Cette présence supplémentaire n’est pas un exercice de concentration forcée, ou une pratique, mais une posture d’ouverture à l’inconnu. Ce sont les moments où nous acceptons de ne pas savoir, donc de ne pas reproduire. Nous laissons ainsi une empreinte sur la qualité de ce que nous produisons qui dépend de l’état d’esprit dans lequel nous l’avons fabriqué.

Si atteindre cet état reste pour nous abstrait, Ellen Langer a testé une autre dénomination. Lors d’une seconde étude, deux groupes devaient évaluer la qualité de dessins humoristiques. À un premier groupe, la tâche avait été présentée comme un travail et au second comme un jeu. Les premiers se sont rapidement déconcentrés et ennuyés alors que les seconds se sont juste amusés à exécuter la même tâche.

La pleine conscience se déclenche en se réveillant.

Décider que nous sommes en train de jouer peut suffire à nous exposer à la nouveauté de nos sensations. Lorsque nous acceptons que nous ne savons rien de l’avenir ou de ce qui nous entoure, nous entrons dans la pleine conscience. Nous sommes alors plus sensibles au contexte, à la perspective et à la qualité de notre existence.

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