Tal Ben-Shahar et son barbier Avi s’interrogent sur la réussite est-ce que pouvoir faire quelque chose justifie de devoir le faire ? Tel qu’ouvrir un magasin supplémentaire, attirer de nouveaux clients, déménager, changer de voiture, pour voir plus grand et plus large. Arguant que si pour nous nourrir nous n’avons besoin que d’un couteau et une fourchette, pourquoi en posséder plus.

La réponse dépendra pour chacun d’entre nous du rapport que nous entretenons avec l’argent et les biens. Car avant de définir nos ambitions matérielles, nous devons décider quels sont nos objectifs de vie ce qui compte.

Quels sont nos projets en matière d’éducation des enfants, de mode de vie, d’appétit de découverte du monde, ou de planification d’une retraite idéale

Car ces projections prendront autant de formes que d’individus. Et ce qui rendrait notre voisin heureux pourrait parfaitement nous déplaire. La richesse n’est alors plus une question de valeur absolue, mais bien d’expression des valeurs qui nous animent.

Vient ensuite ce que l’argent représente pour nous de la sécurité, des possibilités, de la liberté, du lien, ou toute autre chose. Puis vient enfin le prix immatériel de l’éternelle course à l’échalote que nous menons pour satisfaire toujours plus de désirs en définitive insatisfaits. Quelles conséquences ont, sur nous, le chemin vers une maison plus grande, une voiture plus rapide ou un compte en banque plus dodu ?

Ces cibles nous procureraient-elles du bonheur ? Pour certains, de l’excitation, c’est déjà pas mal. Mais quel lien cette accélération a-t-elle avec notre plan de vie.

À nous donc de déterminer quelles responsabilités nous sommes prêts à endosser pour dérouler notre vision, et de choisir dans quelles circonstances une possibilité devient une injonction à faire.

Tal Ben-Shahar et Avi s’accordent sur la justesse de trouver une voie médiane « Le juste milieu entre excès et insuffisance, entre trop et trop peu.

Au carrefour des trois piliers du bonheur définis par Martin Seligman : une « bonne vie » de plaisir, une « vie engagée » grâce aux efforts que nous déployons, et une « vie significative » pleine du sens que nous trouvons et attentive à la façon dont nous exprimons nos qualités dans tout cet ensemble.

Et si nous parvenons, en plus, à éprouver plus de gratitude que de regrets et plus de fierté pour des petites choses que d’embarras, il est tout à fait probable que nous sommes pile au bon endroit.

Conversations avec mon coiffeur, Tal Ben-Shahar, Pocket, 2018.

Publié le 31 octobre 2018

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