Gérard and me

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Savez-vous qui est le monsieur derrière la fleur ? C’est Gerard Mulliez. Nous avons fait connaissance hier. Gérard est né en 1931, ça lui donne, sur moi, une sacré avance. C’est donc lui, qui a créé le groupe Auchan et piloté une famille de 600 personnes, toutes actionnaires des entreprises familiales, en plus des milliers de collaborateurs que regroupent toutes ses marques.

De lui, je connaissais sa stature de patron.

Lorsque mon premier métier s’exerçait, entre autre, dans la distribution, le succès d’Auchan était une référence. On parlait alors aussi des Dubrules et Pélisson, du groupe Accor, comme exemples de leaders vibrants. Mais j’ai quitté cet univers là et les idoles des journaux économiques, pour m’intéresser bien plus à notre intérieur.

Il y a quelques temps, mon amie Marielle, hotesse de caisse chez Auchan, me raconte avoir été l’ambassadrice d’une formation créée par Gerard Mulliez : les ateliers de chaleur humaine. Marielle occupe une fonction particulière, puisqu’elle est responsable du coffre du magasin. Le coffre du magasin est une pièce dans laquelle on n’entre jamais à plus de 2. C’est un poste de confiance, aussi solitaire, qu’exigeant. Les sessions que Marielle a animées lui ont donné permis de révéler d’autres de ses talents : un contact contagieux, son enthousiasme, et son attachement à ses collègues.

Inspirer en entreprise

Et puis, on m’a proposé de me rendre à Croix, dans la banlieue de Lille, pour inspirer des collaborateurs d’entreprises de la région au bonheur, juste avant qu’ils ne participent à un atelier de « chaleur humaine » animé par Gérard Mulliez. Par curiosité pour l’expérience de Marielle, j’ai choisi d’y aller.  Environnement sublime : paysage neigeux, rayon de soleil, étang gelé, arbres centenaires et participants très très ouverts. Le seul qui me regardait de semi travers, c’était Gérard. Nature circonspecte, confiance à mériter. Nous déjeunons en tête à tête. Le small talk rame. Politesse assurée en fraîcheur hivernale. Mais quand même. Quitte à se croiser, autant se rencontrer. J’ai envie de savoir ce qui le rend heureux. Ce qu’il préfère, dans tout ce qu’il fait. Changement de mine instantané : « aller dans les magasins ». Il en rit, en le disant. C’est ça, son kif !

Un dessert plus tard, j’entre en piste.

Au mur, des mots : joie, amour, appartenance, espoir, gratitude. Le ton du lieu est donné et c’est rare d’être soutenu par le mobilier. Au fil de mes propos, j’épie Gérard. Que faut-il à un homme de son assurance pour baisser la garde ? Il est au fond de la salle, il écrit beaucoup, mais quand je lui pose une question, il bondit, comme un enfant. Je ne sais pas encore comment se terminera la partie, mais il est bon joueur, et je m’amuse de plus en plus. La salle est formidable, rieuse, moqueuse, émue et solidaire.

Lorsque j’interroge chacun sur ses kifs, il nous parle bien de lui. Ca va, il s’assouplit. Saveur supplémentaire dans la joie d’exercer mon métier, d’assister, en direct à l’évaporation d’un sceptique. Je ne suis pas seule à y travailler, l’énergie des participants pourrait presque nous ramener le printemps. Quand ça roule, quand ça file et que ça clique, qu’est ce que c’est bon d’être là.

Nous avons terminé dans une allégresse partagée.

J’avais promis une photo à Marielle. J’ai demandé publiquement à Gérard de bien vouloir s’approcher, et lui aussi s’est mis à vraiment jouer. Le méfiant, désormais séduit.

Synchronicité à la hauteur de la journée, Gérard m’a remis un livre pour Marielle. En arrivant chez moi le soir, j’ai réalisé que ce livre était la réédition contemporaine d’une version d’un ouvrage de 1959 que m’a offerte mon amie Ciche il y a tout  juste 5 jours. Le livre du bonheur, par Marcelle Auclair.Le livre du bonheur, 1959Le livre du bonheur

Puis Dominique, la maîtresse des lieux, a décroché le panneau Gratitude du mur et tous me l’ont signé. Et c’est comme cela que je suis rentrée, aussi chargée qu’allégée, car ce jour là, j’ai vraiment trouvé avec qui jouer à apprendre à se laisser porter pour la joie d’être touchée.

N.B. Gérard, discret,  m’a demandé de ne pas apparaître sur la photo, d’où ce montage fleuri. Ce qui me laisse comprendre que la partie n’est pas finie.

 

 

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7 commentaires sur “Gérard and me”

  • Agnès dit :

    Merci Florence pour le goût du Bonheur que vous nous faite partager et de parler du Livre du bonheur de Marcelle Auclair je voudrai vous dire ce qu’on m’a dit sur ce livre « c’est un livre qui est fait pour les enfants de cœur ,et qui parle directement au cœur et qui va bien sur avec la simplicité du cœur « à offrir sans modération juste pour le Bonheur

  • Raphael dit :

    Votre anecdote avec Gérard Mulliez m’a redonné le sourire. Je ne le connais certes pas, mais m’intéressant beaucoup à l’actualité économique, j’ai toujours lu à son propos qu’il était plutôt secret, limite austère.

    Je ne sais pas si je peux réellement dire que je suis déprimé, car je pense ne pas vraiment connaitre la définition exacte de ce mot, mais je sais que vos histoires, conseils et votre joie de vivre m’ont redonné envie d’avoir envie.

    J’aimerai avoir le courage de suivre votre séminaire du bonheur en Février, malheureusement je ne sais si j’aurai le courage de partager tout cela en public, et pour un jeune diplômé comme moi, peut-être est-ce aussi un peu onéreux.

    Mais en tous les cas merci, car vous me redonnez envie d’être heureux, même si je commence à oublier ce que cette sensation procure. Et merci à M. Mulliez !

  • Celine dit :

    Marcelle Auclair, c’est le bouquin de ma grand mère! vous êtes particulièrement rayonnante sur cette photo:)Florence.

    je trouve super que vous puissiez nous raconter la vérité toute simple, que le kiff de ce mec, il en a fait son boulot, et qu’il a super bien réussi.

    A bientôt!

    Céline

    • Florence Servan-Schreiber dit :

      Alors ça, c’est formidable. Tout est dans tout, j’adore. Soyez la bienvenue, Céline.

  • MANCEAU dit :

    Je suis très touchée par ce texte.Merci à vous.Marielle

  • Joanna dit :

    A y est! 😉

  • Délia dit :

    Merci Florence pour ce témoignage. Gérard est donc encore très implique, ça donne chaud au cœur. Cette formation, qui se deroule en plein mois de janvier, la semaine du 21 janvier( journée décrétée par certains comme la plus déprimante de l’année), ne peut pas mieux tomber dans l’année!

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