Chaque année, notre dîner de kifs a pris l’habitude de s’organiser autour d’un thème.

Et comme cet automne, l’ouragan Florence a balayé les Etats-Unis en décimant les élevages de dindes de Thanksgiving (4M de victimes, quand même), nous leur avons rendu hommage en choisissant : Ouragan/Hurricane.

Ce thème, pas simple sur le plan de la panoplie, m’a inspiré d’autres envies. Celle de bousculer, rebattre, changer, inverser et faire tourner. D’ouraganter le rituel. Changement de menu, de places, de mode opératoire. Je n’ai même pas cuit d’immense dinde traditionnelle, mais mon Arthur nous a régalés d’une montagne de fried turkey fingers* maison. J’ai bravé tous les dangers, dont celui de ne pas leur servir de purée. Là, c’est moins bien passé, et un vote à main levée l’a réinstaurée pour l’an prochain.

Le dîner se déroule comme suit. Chacun arrive, dans son costume. Premiers fous rires face aux inventions. En cuisine, tout se termine et on s’installe pour le festin. Lorsque chaque plat a été goûté une première fois, je lance la consigne de l’année. Parfois un kif développé, sinon 3 sans commentaires, bref, j’ai beau tout essayer, ils n’en font qu’à leur tête.

Nous sommes 23, alors ça dure un certain temps.

Les kifs des derniers sont forcément plus avinés que ceux des premiers. Nous baignons, pendant tout le processus dans une forte émotion, connexion et attention. Ce soir là, nous nous présentons sans masque ou pudeur sociale. Chacun s’exprime du fond du coeur, et oui, à chaque fois, on pleure. 

 

C’est à moi qu’il a été donné de terminer le tour et voici ce qui m’est venu :

Kif ouragan : en cette journée de destruction des casseurs autour de gilets jaunes, je m’étais recensé tous les bouleversements, contrariétés, revirements, gros changements, imprévus et emmerdes de mon année. Pour célébrer, justement, de les avoir dépassés. Comme un escalier que je préfère 100 fois grimper plutôt que de le dévaler. C’est plus dur l’adversité, mais j’y puise plus de force. MERCI.

Kif succès : je les ai tous écoutés et admirés, mes camarades de kifs. Et je n’ai pas pu m’empêcher de me réjouir pour leurs avancées, percées et réalisations. Nos jeunes vont bien et sont en chemin. Wouah, juste ça, me fait tellement de bien. Des coeurs réparés, des start-ups en progrès, des vocations appliquées, de nouveaux bébés, des voyages initiatiques. Prendre le temps de ne parler que du meilleur éveille le bon chez chacun. Et quelle contagion. MERCI.

Kif rituels : j’avoue, j’adore certains rendez-vous réguliers. Celui de tôt le matin, encore dans mon lit, un le dimanche, deux le lundi, un gros en novembre/décembre, celui du vendredi soir, ou du mercredi midi. Ah oui, j’oublie le mardi matin et les instants à 3 dans la loge avant chaque spectacle. Mais que s’y passe-t-il ? L’essence même de ma vie. Sans conteste, le carburant sans lequel rien ne m’intéresserait autant. C’est d’y retrouver des gens. D’exercer, encore et toujours nos liens d’amitié. Rien, sinon l’amour, n’a pour moi autant de valeur. Sans eux, pas d’avancées, de mon côté. Donc, forcément MERCI !

C’est clair, de tels moments de bonheur doivent, de mon point de vue s’organiser et je ne me retiens pas de le faire. Cette année encore, nous avons eu la sensation de voler, tous ensemble, à regarder chacun décoller.

Bon évidement, le lendemain matin, mon rituel a été de chercher (et de trouver) une méditation guidée contre la gueule de bois.

Il faut un peu de temps pour se remettre de tant.

*Mais non, les dindes n’ont pas de doigts.

Publié le 7 décembre 2018

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