Le mode RR est un état dans lequel on se trouve lorsque quelque chose que nous avons vécu, en général la veille, nous a largement dépassé, mais dans le bon sens. Un r pour Radar et l’autre r pour Rictus.

 

 

Comment se sent-on ?

Physiquement fatigué, mais très souriant. On traîne la patte, mais le coeur fait des sauts périlleux, le tout recouvert d’un voile de fragilité. Il ne faut pas nous parler trop fort car on pourrait peut-être se mettre à pleurer. Pour aucune raison, si ce n’est que nous nous sentons très très heureux et épuisé.

Comment en est-on arrivé là ?

On n’est pas parvenu à s’endormir à cause d’une grande excitation. Des émotions en tout genre se sont entrechoquées, soutenues par un cocktail de neurotransmetteurs à base d’adrénaline (peur), d’ocytocine (amour) et d’endorphines (effort). On se souhaite bonne chance pour trouver le sommeil, mais rien n’y fait.

On a aussi abusé de quelque chose. Abuser ne signifie pas exclusivement avoir fait de gros excès, mais il y a manifestement eu un plus que d’habitude que notre organisme ne sait pas bien où ranger. L’énergie se diffuse dans tout le corps. Il va juste falloir attendre que ça se passe. Mais on n’a pas envie que ça passe.

On a pris un risque, aussi. Car un déroulement normal nous permet, heureusement, de synthétiser nos expériences pour pouvoir trouver du repos et enchaîner. Mais une veille d’un RR, nous avons dit oui à un défi, une occasion, l’inattendu, ou un peu plus de vie qui nous tendait la main, et sauté dans le grand bain.

Des exemples

Le mode RR surgit le lendemain :

d’une rencontre exceptionnelle

d’une fête dont on se souvient

d’une nuit d’amour

d’avoir marché sur le feu

d’avoir battu un record

de résultats d’examens réussis

 ou d’avoir animé la conférence Surprendre son cerveau, en partageant ce moment avec plus de 1000 personnes dans une salle rouge tomate.

C’est bien en allant reprendre un train le lendemain que j’ai mesuré ma fébrilité. Je souriais à tous les passants en peinant à mettre un pied devant l’autre, retrouvant ainsi la sensation des autres grands événements de ma vie. Un mode RR est exceptionnel, émouvant, et motivant. Il oblige à se poser pour comprendre pourquoi on se sent aussi différent que les autres matins. Il donne envie d’appeler quelqu’un pour se refaire le film, et revivre ce qu’on a ressenti avec quelqu’un qui était là aussi. Il nous dit que nous sommes terriblement en vie et qu’il serait bon de recommencer.

En traînant ma valise, un seul mot me venait : MERCI.

Publié le 2 octobre 2018

Étiquettes : , , ,

A lire aussi

25 mandalas à colorier Florence Servan-Schreiber

25 mandalas à colorier – Simple Things

Le magazine Simple Things m’a demandé de réveiller nos envies. Nous en avons fait leur hors-série n°14. 25 mandalas à ...

Interview de Florence Servan-Schreiber

S’il n’y avait qu’une chose à retenir…

Le moment « s’il n’y avait qu’une chose à retenir », comment le décririez-vous ? Je considère que nous ...

Renaissances

J’aime bien cette journée du premier janvier. Il y a de l’amour et des pensées dans tous les interstices ...

2 commentaires sur “En mode RR”

  • Nathalie Die dit :

    Je confirme ! Nous nous sommes régalées « entre amis » avec toute la salle

  • Christine Magnaldi dit :

    En mode RR après avoir assisté à la conférence « surprendre son cerveau »
    à Lyon avec deux amies ,malgré un retour très tardif à Gap et un lever aux
    aurores pour le boulot; ça en valait vraiment la peine .
    Sincèrement merci pour ce kif.

Commenter