Compétence paradoxale

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La montagne me met face à une contradiction flagrante et une interrogation nouvelle pour laquelle j’ai besoin de votre aide. Vos témoignages nous permettront de définir ensemble comment s’orchestre un paradoxe intérieur, peut-être partagé.

Ma question est la suivante : Avez-vous, et si oui, lesquels, des compétences ou des talents dont vous n’aimez pas vous servir ?

Et si vous le savez, pourquoi n’aimez vous pas vous en servir ?

Ce que nous faisons bien, et qui relève d’un niveau de difficulté suffisant pour nous stimuler nous procure en principe des satisfactions et parfois même des moments de flux. Nous devrions donc, normalement, être attirés par l’exercice de ces activités.

C’est sur un télésiège que cette questions m’est apparue parce que le ski est ma compétence paradoxale. Je skie bien, et ce depuis longtemps car je skie depuis très tôt. Et pourtant, ne n’ai jamais envie d’y aller.

Ce sont mes amis, me voyant dévaler les pistes comme une ado qui m’ont posé la question. Comment se fait-il que tu n’aimes pas quelque chose que tu fais bien. Et je leur ai retourné la question.

Je peux me l’expliquer c’est une histoire de froid que je n’aime pas, d’exigence parentale non négociable, de pipi dans la combi parfois, de chute du télésiège,de vols planés en téléskis et de cours collectifs honnis. C’est l’accumulation d’années à se forcer qui n’a rien arrangée. Et pourtant, dans la pente, j’ai la sensation d’avoir 14 ans, je ne prends pas de prisonniers et je m’amuse comme un chamois.

Malgré cela, je n’ai jamais envie d’aller skier, même, parfois quand j’ai déjà chaussé.

Alors vos histoires m’intéressent.Que faites vous très bien que vous n’aimez pas faire, au point de vous en priver ?

 

 

 

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16 commentaires sur “Compétence paradoxale”

  • corinne dit :

    Bonjour Florence,
    Voici une réflexion très intéressante. Il y a pleins d’activités que je sais faire mais qui ne me plaisent pas ou qui ne m’apporte pas vraiment de satisfactions comme de cuisiner, de tenir ma maison, prendre soin de mon linge … faire du shopping … alors que d’autres y trouveront du plaisir mais je dois les faire parce que c’est nécessaire. Et lorsque ce n’est pas nécessaire alors, je ne les fais pas. Comme beaucoup, ma vie est déjà bien occupée, et après avoir remplit toutes mes tâches et activités “incontournables”, plaisantes ou non, je préfère réserver mon temps aux choses qui me font du bien.

  • Pussou dit :

    A titre personnel, Pareil que Karine pour la cuisine et le bricolage ; l’un car j’aime réunir autour de moi des personnes pour des moments de conviavilité partagés autour d’une bonne table et l’autre, en solitaire pour me ressourcer générer ou régénérer qqc

    A titre professionnel, Pareil que Pat888 (merci d’avoir publié votre témoignage qui me permet de me sentir moins en décalage voire seule) : je suis reconnue et plébiscitée dans mon métier mais le management par la Qualité, la Finance et la RH au seul bénéfice des actionnaires me fait gerber (je pèse mes mots) ce métier que j’ai tant aimé et dans lequel je me suis tant investie.

    Actuellement j’engage donc une réflexion sur l’alignement entre mes attentes, besoins et capacités pour Réussir ma Vie (vs Réussir dans la vie).

  • Pat888 dit :

    Je n’aime pas exercer certains aspects de mon métier, pour lesquels je suis reconnu comme un expert.
    Je sais à présent que ce qui m’a passionné a creusé ma tombe et de celle et ceux que j’ai forméEs et/ou anniméEs.
    Je suis rescapé du Toyotisme, du Lean Management et autre management par la “Qualité” et le stress, plus question de faire le jeu exclusif des actionnaires.

  • Monnoyer Eric dit :

    Départ en vacances. C’est les années de mon enfance.
    Trajet en voiture. Papa et maman avait minutieusement préparé le voyage … et les nombreuses étapes.
    Le guide vert de Michelin était leur plus précieux compagnon.
    Les lieux « vaut le détour » ou « vaut le voyage » étaient systématiquement choisis comme étapes.
    Sur les 7 enfants, les plus âgés avaient assez rapidement choisi de bourrer leur temps de congé d’activités diverses pour justifier de leur absence, à ces pérégrinations touristiques.
    Trop jeunes, ma petite sœur et moi n’y échappions pas encore.

    Le plus pénible, c’était les cathédrales et les églises. Papa et maman passaient des heures à lire et relire le guide, identifier tous les détails répertoriés, scruter les voûtes pour reconnaître, souvent avec en plus, un petit guide d’architecture en appui, les caractéristiques du style roman ou gothique et les spécificités liées à la période précise de construction ou restauration.

    Ils ne nous impliquaient pas fort, dans cette analyse minutieuse. Probablement étaient-ils échaudés de nos plaintes et de nos demandes répétées d’écourter la visite. « On continue ? » « On y va ? » « Quand est-ce qu’on repart ? » résonnait dans la nef de la bâtisse, amenant souvent des sourires sur le visage des autres visiteurs. Mais cela n’avait que peu d’impact sur les deux amoureux des vieilles pierres qui étaient sensés nous amener en vacances, à la montagne. Défier les sommets et nous épuiser à grimper nous convenait bien plus que les visites du patrimoine architectural français.

    Plus âgé, j’ai donc à mon tour décliné l’invitation des parents aux vacances familiales. J’ai rejeté longtemps toute visite touristique. Pourtant, année après année, ma compétence en architecture s’était affinée. Le vocabulaire spécialisé m’avait imprégné. Piles, pilastres, piliers, arc en plein cintre, voûte d’arête et autre berceau avaient ouvert un circuit de mémoire, dans ma tête d’enfant blondinet doré. Si je rejetais catégoriquement les visites, je ne détestais pas regarder de-ci de-là une façade ancienne, je pouvais m’arrêter plus longuement sur des photos d’architecture ancienne et même apprécier la découverte fortuite des châteaux cathares, dans les forêts épaisses des Hautes-Corbières.

    Puis un jour, l’énigmatique ruine d’un château abandonné, près de Castillon-la-Bataille, a réveillé tous les bons côtés de cette compétence rejetée. Rendre la vie à cette bâtisse, retrouver son histoire, réhabiliter les choix d’aménagement voulus par des femmes et des hommes y ayant vécu, plusieurs siècles plus tôt. Ce qui était intimement lié à des souvenirs désagréables pouvait soudain vivre indépendamment, s’envoler sans devoir s’harnacher des contraintes de lecture interminable des guides, de la recherche scrupuleuse des détails repris dans les textes de référence du bien visité. J’y voyais enfin ce que j’aurais toujours voulu y voir et qui me passionne aujourd’hui : la découverte libre et exploratoire, le mystère, l’inconnu, la beauté brute qui parle à mon cœur et mes émotions.

    La gentilhommière des Brions, à Tonnerre en Bourgogne, fait aujourd’hui l’objet de tous nos soins. Ma chère et tendre y développe des chambres d’hôtes. Nous commençons à y animer des séminaires et stages « Les Sens de la Vigne » qui parlent d’harmonie, d’ancrage dans les racines, de reconnaissance de ses compétences, pour pouvoir dégager tout cela des scories encombrantes et nourrir toujours plus le bonheur au quotidien.

    Merci papa et maman.
    Eric

  • Philippe dit :

    J’aime bien la question posée !
    Je me dis que savoir bien faire du ski, de la peinture, la cuisine, etc relève d’un apprentissage. On peut apprendre sans aimer…

    Alors pourquoi on n’aime pas… alors que l’on sait ?
    Peut-être faut il chercher simplement des émotions générées par certaines de vos valeurs qui ne seraient pas satisfaites par cette activité. Si vous associez par exemple la chaleur à une valeur de confort, aucun apprentissage technique ne vous fera aimer le ski.
    Je crois que l’on apprécie que les activités qui contribuent à nourrir nos valeurs.
    Si j’aime autant cuisiner ne serait-ce pas parce que je suis un peu “gourmand” ?

  • Laurent dit :

    Je pense que le paradoxe est réthorique. Je retournerais la question à faites vous ce que vous aimez faire? Ensuite nous avons la caisse à outil compétences pour réaliser la tache. Est ce qu’un soldat aime tuer? Son travail implique la mise en oeuvre de la technique d’assassinat. Dans ce cadre, la socialisation nous apprend à structurer mentalement l’acte et l’appropriation. Vous êtes bon skieur mais vous laissez le souvenir d’un apprentissage dans la souffrance altérer votre possibilité de l’utiliser en mode plaisir. Paradoxalement peut être le fait de vous éloigner émotionnellement (mode évitement) de l’acte skier vous rend plus performant car vous faites appel pleinment aux acquis de l’apprentissage.

  • Marie dit :

    D’où l’importance de guider nos enfants dans ce qu’ils aiment faire, et pas dans ce qu’il faut savoir faire…

    Combien d’enfants inscrits au conservatoire y vont à contre-coeur et abandonnent après de trop longues années d’entrainements poussifs, de parents déçus, de relations familiales dégradées, alors que certains ados se découvrent une passion tardive pour l’instrument et cartonne !

    Laissons ces futurs adultes que sont nos enfants prendre le temps de découvrir leurs kifs !

    • Laetitia dit :

      Tout à fait d’accord Marie – c’est ce que j’ai fais avec ma fille mais à bientôt 18 ans et bien résultat….elle n’a révélé aucun talent ni aucun goût particulier. Bref elle ne fait rien (mais travaille bien à l’école, c’est déjà ça)…

  • Laetitia dit :

    Incroyable : j’ai exactement le même ressenti que vous pour le ski pour avoir le même vécu “Je peux me l’expliquer c’est une histoire de froid que je n’aime pas, d’exigence parentale non négociable, de pipi dans la combi parfois, de chute du télésiège,de vols planés en téléskis et de cours collectifs honnis. C’est l’accumulation d’années à se forcer qui n’a rien arrangée. Et pourtant, dans la pente, j’ai la sensation d’avoir 14 ans, je ne prends pas de prisonniers et je m’amuse comme un chamois” !!!!! le même le même !!!!
    J’ai le même problème, exactement, pour la musique. Je l’ai apprise, j’ai une oreille parfaite aux dires de mes proches, mais ça me barbe…
    Par contre j’ai horreur de l’ordinateur et j’ai CHOISI de travailler dessus toute la journée….va savoir.

  • Cécile dit :

    J’ai joué du violon pendant des années, j’aimais beaucoup travailler cet instrument pour lequel j’étais douée, en plus. A la fin de mes études, j’ai dévié vers un autre métier dans la musique, le chant… avec soulagement et infiniment plus de plaisir. Je n’ai plus touché mon violon du jour au lendemain depuis 1992, tout en continuant encore à ce jour de penser le son et nombre de choses en musique sur la base de cet apprentissage!!! Une seule fois, pour rendre service, j’ai joué en 98, peu de temps (les muscles ne travaillant plus en ce sens, c’est vite devenu un peu douloureux…). Tout le monde m’a immédiatement dit “Tu joue comme ça après 6 ans d’arrêt??? Mais pourquoi tu n’en fais pluuuuuus? Quel dommage!!”

    Mais oui, j’adore le violon, le toucher, le rapport au bois, sentir la collophane, avoir le plaisir de la corde qui vibre sous l’archet. Mais je suis de nature plutôt contemplative, et passer des concours tout le temps me fatiguait, était d’une grande violence, et il y a aussi une histoire familiale autour du violon, et je ne me sentais pas être dans mon histoire. De plus, le violon est un instrument où la littérature brillante est importante, et là, malgré mes dons, ma nature profonde disait “non”. Compétence paradoxale, car malgré tout mes “non” intérieurs, tous mes professeurs, même les plus sévères et les plus durs m’ont reconnu une réelle capacité à en faire un métier que je n’ai jamais regretté de ne pas avoir choisi…

  • Sophie B dit :

    DANSER! ce fut mon rêve de petite fille, ma passion, mon métier pendant 11 ans, je crois pouvoir dire que je le fais bien mais aujourd’hui sans dire que je n’aime plus ça je ne le fais plus… à ne plus pouvoir danser comme avant autant ne plus danser du tout, difficile d’y retrouver le plaisir. je ne suis pas sûre que ce soit réellement une compétence paradoxale peut être une suite logique de la vie mais c’est ce à quoi j’ai pensé en lisant l’article. Bonne journée

  • Arlette Janssens dit :

    J’adore les soirées entre amis, j’aime les échanges, j’aime les gens, j’adore écouter leurs histoires et j’aime beaucoup rire.
    Et pourtant…. quand je suis invitée, je suis très enthousiaste au départ et puis quand le jour approche, il y a quelque chose en moi qui se transforme en quelque chose de très désagréable. Parfois une grande tristesse m’envahit.
    Je n’ai plus envie d’y aller, je ne vois pas ce que je vais y faire, je ne vois pas ce que cette soirée peut m’apporter.
    Je pense que je peux aussi bien rester chez moi, que ce serait pareil.
    A tel point que parfois même à une époque j’en tombais malade, ce qui m’évitait de devoir aller à la soirée.
    Je me souviens d’une soirée où j’étais aphone.
    Et pourtant tous mes amis me disent qu’ils aiment beaucoup ma compagnie, qu’ils aiment m’inviter parce que je m’intéresse aux personnes et suis quelqu’un de tellement agréable.
    Ayant un peu compris mon fonctionnement aujourd’hui, j’accepte volontiers les invitations, je me kif, plusieurs fois et suis très contente d’y aller. J’ai encore passé une très bonne soirée la semaine dernière. Malheureusement ça ne marche pas à tous les coups.

  • Thomas dit :

    Le ski, puisqu’on y est. Deux obstacles majeurs a une joyeuse prise de pied: impitoyablement répétitif, et la montée sera tellement plus longue que la descente. On envie les alpinistes et leur culte du sommet comme but suprême.
    Trouver de nouvelles espèces de poissons: étant donne les quantités astronomiques qui se cachent toujours sur la surface, l’effort individuel – même parfois vraiment jouissif – frôle l’anecdote. Faire mieux, ce serait trouver plus, et trouver plus implique un peu plus de pression sur un milieu marin qui n’en a pas besoin.
    Pêche et chasse sont deux jolis exemples de renoncement, non?
    Dorénavant c’est ma paresse que je traite avec le plus grand respect; ni les pistes ni les poissons ne m’en voudront.

  • Karine DUFLOS dit :

    C’est drôle, je reçois votre nouveau post au même moment où je disais à des amies que la montagne & le ski étaient les 2 éléments où je me sentais le mieux, que ce soit en décor enneigé & sport de glisse, comme quoi….
    Je cuisine bien, j’adore manger et pourtant hormis les occasions de recevoir à la maison, je ne cuisine pas : c’est du basico basique, une cuisine quotidienne sans saveur parfois même & pourtant dés que l’envie m’en prend, mes mains se transforment en 1 tour de magie.
    J’aime bien bricoler, arranger un objet abîmé, planter un clou, sortir le marteau, la colle pour réparer & pourtant tant que ça ne s’effondre pas, je ne fais rien. Je ne crée aucun objet atypique & pourtant sans exposer dans une galerie, je pourrais décorer les murs de ma maison.
    Je terminerai sur la musique…..

  • Decombe dit :

    Avec le ski, j’ai exactement le même ressenti et de plus le même parcours. Je skie depuis que j’ai 6 ans mais cela m’ennuie de monter et descendre des pistes. Il faudrait que je parte en randonnée dans des contrées lointaines, découvrir des paysages inexplorables à moins d’être à ski, je pense que cela me réconcilierait avec ce sport. En outre je pense qu’il ne suffit pas de bien faire les choses pour les aimer, je crois bien faire le mènage mais je sais que je n’aime pas le faire! Par contre j’aime ce qu’il m’apporte ordre et propreté. Un sujet vaste…

  • Petitefemme dit :

    Je dessine et je peins très bien, car j’ai eu l’immense chance d’avoir une grand-mère artiste peintre qui m’a appris… Mais je n’aime pas ça ! Par contre je me régale à faire de l’art plastique avec mes élèves !

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