Prospectons pour le bon

Chronique PSYCHOLOGIE POSITIVE MAGAZINE
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Prospectons pour le bon.

Lorsqu’un chien vous voit prendre sa laisse, il remue la queue d’excitation à l’idée de sa promenade. Idem pour le chat qui entend le bruit familier de sa pâtée décapsulée, il rapplique. L’un et l’autre font preuve de prospection. Une anticipation qui leur permet de prendre une décision ou engager une action particulière.

Alors que la pleine conscience bat son plein, comme si nous avions perdu la tête au point de ne plus savoir être présents, les chercheurs s’intéressent aussi au futur. Mais quels bénéfices pouvons-nous, comme nos animaux, tirer de la projection vers plus loin ?

L’envisager nous permet déjà de prendre de meilleures décisions. Par exemple, anticiper une baisse de revenu à sa retraite plutôt que de la constater, amèrement le jour venu. Et si on nous dit que nous allons la prendre dans 3650 jours ou que l’on nous vieillit artificiellement sur une photo pour nous montrer la tête qu’on aura alors ; plutôt que d’annoncer « c’est dans 10 ans », nous prendrons plus de précautions.

La prospection nous motive pour atteindre nos objectifs. S’imaginer, par exemple dans sa maison rénovée, parfaitement terminée, nous incitera fortement à mener les travaux jusqu’au bout. Mais seulement si le fantasme de la destination prend en compte les obstacles qui se présenteraient et les solutions à y apporter. Sinon, nous serons probablement déçus et surtout découragés. Définissons donc : le désir, l’objectif, les obstacles et leurs remèdes, à l’avance, pour augmenter nos chances de réussite.

Mais surtout, prendre la peine de se projeter, nous rend plus altruistes et généreux[1]. Car si aujourd’hui, nous nous imaginons venir en aide à quelqu’un qui aurait perdu ses clés, et que nous nous trouvons en effet dans cette situation un jour, nous aurons le réflexe de lui tendre la main. On observe le même phénomène quand on s’interroge à l’avance sur le sens que peut avoir l’aide apportée aux autres. Nous nous y plierons plus volontiers. À nous donc, de jouer à nous voir partager nos ressources ou bien offrir de notre temps à des individus ou à une cause qui nous tient à cœur. Car l’envisager de façon abstraite nous incite à agir, à l’avenir. Et un peu comme pour le chien, lorsque l’occasion de faire du bien se présentera, nous remuerons la queue. Alors que si nous n’y avons jamais pensé, nous laisserons peut-être tristement passer cette opportunité de contribuer.


[1] Imagination morale : faciliter les décisions pro-sociales par l’imaginaire et l’esprit. Université d’Albany, NY. 2018

 

 

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