Chronique Kaizen par Florence Servan Schreiber

Hoffiçons

Chronique Kaizen
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Voici une tendance qui m’a tapée dans l’œil. Lorsqu’on travaille sur un projet, seul et dans son coin, toutes les ressources, sauf l’ingéniosité peuvent venir à manquer.

Cette histoire commence lorsque Christopher Gradin Franzen, jeune entrepreneur suédois veut se lancer dans l’éco tourisme. Il axe ses recherches sur le bouddhisme et la micro économie. Son moteur de recherche le dirige droit sur une association Sri Lankaise, Sarvodaya, qui concentre ses efforts sur la prise d’initiative dans les villages les plus reculés du pays.

Leur objectif initial est d’apprendre aux habitants de ses villages à devenir auto-suffisants. Cinquante ans plus tard, ils concentrent leurs efforts sur une approche holistique, formant la jeunesse villageoise à entraîner leurs congénères vers la satisfaction de dix besoins humains essentiels, dont une eau propre, un habitat sain, des moyens de communication, des énergies suffisantes, un accès à l’éducation, la spiritualité et la culture. Christopher passe six mois dans ces villages et découvre leur système d’économie offerte. Partager les ressources à portée de main.

Chassé par la guerre civile, il rentre en Suède et lance le hoffing. L’ambition est simple : offrir à des travailleurs free-lance la possibilité de se regrouper, sans frais supplémentaires, en transformant des appartements et maisons privées en espace de co-travail. On s’inscrit sur un groupe Facebook. Au cours d’une journée classique, tout le monde, soit une dizaine de personne arrive à la même heure, aide à installer l’appartement, puis prend place. Qui sur un fauteuil, qui à table, qui sur le canapé. Les appels seront pris dans la chambre, en toute discrétion.

Mais le concept ne s’arrête pas là. Il y a des règles de travail. Avant de commencer la journée, méditation ou étirements partagés, puis chacun énonce son objectif pour la journée. Le travail peut commencer. Sachant que le cerveau humain peut pousser ses plages de concentration optimale jusqu’à quarante-cinq minutes, il est prévu que l’on s’arrête de travailler tous les trois quarts d’heure, pour quinze minutes. L’utilisation de ce moment de pause est à la bonne volonté des participants. Disco, biscuits ou promenade, puis on énonce un objectif pour la plage de travail suivante. Au bout de trois cycles, c’est le déjeuner partagé : le grand moment d’échange et de création de liens. Encore trois heures parfaitement découpées, et c’est le tour de piste de célébration des réalisations individuelles du jour. Puis on range, et on s’en va.

Les hoffices se développent en Europe et certaines entreprises les observent du coin de l’œil pour en tirer des enseignements de cette expérience grandeur nature d’intelligence collective, de don, d’éradication de la solitude et de lutte contre la procrastination. Son inventeur, lui a depuis repris des études de psychologie pour éclairer plus encore sa quête du bouddhisme et ses applications.

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