Nourrir la vie pour se réparer

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LE truc a encore fonctionné et ne cesse de m’émerveiller.

Année après année, depuis 10 ans maintenant, pendant 7 jours exactement je cesse de manger quoi que ce soit de solide ou calorique. Il reste donc l’eau, les tisanes et un bouillon si clair qu’il n’en porte que le nom. Plutôt une macération. A chaque édition, quelque chose se débloque et me dégage les synapses. Comme une réoxygénation générale qui efface tourments, bourrelets et encombrements.

Cette année particulièrement, avant d’y aller je pleurais tous les jours : deuil, usure, épuisement, ras la cacahuète. J’étais juste à bout. Et la magie a opéré. 10 jours plus tard, je me suis retrouvée, heureuse de constater que l’an 2020 ne m’avait pas cassée, mais juste copieusement encrassée.

Alors j’ai médité sur la puissance inouïe de la nourriture dans ma vie. Fuel incontestable, je voue à ce que nous nous mettons dans la bouche un culte respectueux et émerveillé qui englobe tout ce qui m’est essentiel : 

la créativité 

Instagram fait en la matière mon bonheur. Quand je regarde les pales du robot pâtissier de @chefsylvieberger pétrir des couleurs pastel pour initier les enfants à une nourriture joyeuse, j’ai faim de vie et ai donc décidé de choisir pour vous l’une de ses recettes chaque semaine, comme source d’inspiration. La cuisine a toujours eu sa place ici, mais bien que l’idée ne soit pas neuve, le renouveau en cuisine est quotidien.

 

le lien

La cuisine du Kif avec ArthurPartager un repas est ce qui demeure, dans cette période inédite pour l’humanité, le témoin d’un  instant de chaleur indispensable. Plus en ville, ni en grande tablées, pour le moment, mais quelle ne fut pas notre surprise de constater le plaisir que vous avez pris à cuisiner chacun·e chez soi lors des dynamiques sessions de Cuisine du Kif avec Arthur. Le repas est ensuite partagé par écrans interposés, et grâce à cela, vous vous êtes liés d’amitié. Alors évidement nous recommençons. La cuisine est un langage universel et quotidien. On ne pourra jamais en abuser.

le plaisir 

Du fond de mon blues récent, un livre m’a offert du répit. Y choisir une recette me donnait une raison utile de sortir de chez moi en garantissant une expérience gustative neuve et riche. Je me suis surprise à en tourner les pages en dehors de ma cuisine pour activer les neurones miroirs que la perspective d’un umami réveille sur commande. Tous les livres de Yotam Ottolenghi me font cet effet là. Ou comment j’ai remplacé la lecture des cartes de restaurant par celles de ses recettes.

 

la réparation  

Restaurer mon âme a donc été possible en inversant mes habitudes pour quelques jours. Mais le pouvoir de papilles est aussi celui vers lequel oeuvre notre bien aimée @perlaservanschreiber pour panser la plaie d’avoir perdu son mari et nous notre père et grand-père. Nous nous soutenons à coups de repas soignés. Et nous soignons à coup de repas signés. Chacun·e son truc, pourvu que ça marche.

Grâçe à tout cela, ma vie est plus douce et en voie de réparation. Si je prends ici la peine de partager mes peines c’est avant tout parce que dans mon assiette, je constate aussi retrouver ma joie.

 

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