Paris est mis au défi ces temps-ci. Les sujets de conversation, depuis 17 jours sont dominés par les temps de trajet, la fatigue et les contraintes. Nous sommes confronté·e·s à une immense situation d’adaptation.

Au début, l’organisation

Lorsqu’on changement est annoncé, on se prépare et on se pare. Télétravail, planification, on plie les genoux pour mieux résister. Nous avons pour les premiers jours, réparti le travail, échangé les missions pour que les parisien·ne·s puissent assurer les tâches des habitant·e·s lointain·e·s. Notre bureau se trouve dans un quartier dont 100% des lignes de métro ont été fermées. Quelques bus surchargés nous passent parfois sous le nez. En gros, il ne nous reste que des pieds. Mais l’affaire dure. Et l’assignation à domicile ne tient qu’un temps. Le record est détenu chez nous par 6h de déplacement aller-retour par jour (voiture + train + marche) et 2h de marche dans chaque sens pour une banlieusarde. Mesdames, je salue votre courage et professionnalisme.

La ville transfigurée

Paris n’est plus conçue pour accueillir tous ses passant·e·s en surface. Lorsqu’il pleut, soit à peu près un jour sur deux, se croiser sur les trottoirs avec des parapluies est saugrenu. Les absorbé·e·s qui marchent le nez dans leur téléphone vous percutent. On les voit arriver, mais on ne peut pas toujours les éviter, car les poubelles occupent déjà un tiers du pavé. Collisions, donc.

Deux roues en furie

Nous sommes de ce point de vue retourné·e·s vers le futur. La variété de véhicules expérimentaux qui surgissent à tous les coins de rue est impressionnante. Je m’étonne de n’en avoir encore vu aucun léviter. L’anarchie est forte. Comme à Londres, on doit regarder de tous les côtés avant de traverser et l’incivilité bat son plein. Tant les piétons que les conducteurs, tous en hyper vigilance, sont assaillis en permanence.

Sport extrême

 Il y a 40% d’accidents cyclistes en plus que d’habitude. L’ambiance n’est pas au maillot jaune. Seul bénéfice de la situation, bien plus de gens sont casqués qu’avant la grève. Espérons que cela restera une habitude. Pour ce qui est des autos, LE recours de secours, tout impose des durées de trajet invraisemblables et une patience en acier. On allume la radio pour se distraire mais certaines sont en grève aussi.

Noël au second plan

Dans une semaine, nous serons en célébration ?! Cette bonne blague. Mais le seul objectif tenable de nos journées est d’aller et revenir de notre travail. Il ne reste aucun temps ou disponibilité pour palier à autre chose que la nécessité. Même les trains pour quitter cette atmosphère nous sont supprimés. L’impuissance grignote l’élan, la joie et l’énergie de la saison.

Fatigue

Les commerces et services trébuchent, les PME amorcent leur descente en apnée. Et nous aimons celles et ceux que nous fréquentons ou dirigeons. Nous tenons à les garder. L’addition est tant morale que physique. Et les corps, petit à petit, ne parviennent plus à sortir du lit. On n’en peut plus les gars. On pédale dans le vide, mais on continue à marcher.

3 kifs

Il ne reste plus qu’à écarter les rideaux de nos fatigues pour rattraper ce qui peut être réjouissant et commencer à compter. Parvenir à 3 reste le dernier élastique qui nous protège de l’impuissance. Nous sommes abbatue·e·s mais pas encore battu·e·s. S’il vous plaît, parents Noël, apportez-nous cette année, des trains et des métros à mettre sous nos petits souliers.

Publié le 19 décembre 2019

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