Les clés de la fraternité

Chronique Kaizen
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Emile Durkheim, sociologue du XIXè siècle, a documenté l’impact positif de la guerre sur la santé mentale des populations. En effet, lorsqu’un pays européen était en conflit, ses taux de suicide s’effondraient. D’ailleurs, les hôpitaux psychiatriques parisiens se sont vidés pendant les deux grandes guerres. Le même phénomène s’est produit lors de conflits civils en Espagne, en Algérie, au Liban ou en Irlande du Nord. Mais comment une situation aussi épouvantable peut-elle nous rendre moins déprimés, moins violents, moins angoissés ou moins fous ? Parce que les catastrophes naturelles et les combats nous rapprochent et nous poussent à agir pour la communauté.

Sans aller jusqu’à recommander une bonne guerre pour nous rassurer, éprouver un sentiment d’appartenance à une communauté est une condition puissante de notre bien-être mental. Alors que, l’évolution de nos sociétés, tend plutôt à nous rendre moins utiles, les uns aux autres : nous sommes plus seuls, loin de nos familles et faisons appel à des sociétés de service plutôt qu’à un ami pour un coup de main. L’efficacité à tout prix ne développe pas l’empathie. La fraternité, si !

Alors, pour bénéficier des meilleurs avantages du groupe, voici les conditions à réunir* :

1- Ritualiser

Nous récolterons moralement moins de bénéfices après avoir participé à une grosse fête, même réussie, qu’à la suite de rendez-vous réguliers sans tapage. D’où la force des congrégations et leurs rassemblements hebdomadaires. Prenez-vous, vous aussi, plus volontiers rendez-vous avec votre coiffeur qu’avec vos proches ? Nous travaillons bien à heure fixe. Nos amitiés gagnent elles aussi à être plus organisées.

 

2 – Choisir son crew

Plus nous avançons, plus nous sélectionnons notre entourage, privilégiant les gens avec lesquels nous nous sentons bien. C’est l’un des secrets de la sérénité du grand âge. Ne plus s’embarrasser des casse pieds. Fréquentons des gens que nous admirons. Car à force de traîner ensemble, nous devenons le reflet, les uns des autres et finirons par nous ressembler. Les vases communicants sont si forts, que la bonne santé de notre entourage impacte aussi la nôtre.

 

3 – Combattre

Lutter ensemble, rassemble. Activités sportives, bénévolat, constructions ou réalisations comportent toutes une touche de défi. Et comme nous ne construisons plus les granges de nos voisins, privilégions les interactions et la difficulté qui réveillent la coopération. Sans oublier que lorsqu’on parle de bonheur, donner est toujours supérieur à recevoir. A tel point, que plus nous aiderons, conseillerons, prendrons soin et contribuerons aux autres, plus nous vivrons longtemps, en bonne santé. Et plus nous célébrerons nos succès ainsi que ceux de notre entourage, plus le meilleur est contagieux.

 

Et que tire-t-on de la plus longue étude sur le bonheur des êtres humains ? Que ce qui compte avant tout, est la qualité des relations que nous entretenons avec les autres. Alors plutôt que de nous faire la guerre, sortons nos calendriers pour être plus frères et sœurs.

 


*Tribe, Homecoming & Belonging, par Sebastian-Junger

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