Aujourd’hui, j’ai animé l’une des pires conférences de ma carrière

Je tiens à le dire, car je suis rapide à venir raconter quand une circonstance a été géniale et je ne voudrais pas qu’on se méprenne. Je me prends aussi des autobus dans la figure. Disons que c’est un privilège garanti quand on essaye des choses nouvelles. Parfois ça passe, parfois ça casse.

Et ce soir, c’était tout pété

Il ne manquait que les avions qui volaient dans la salle pour emmerder la prof. Ambiance bruyante et dissipée. Chacun à sa place, les cancres, confondant rebellion et couardise au fond de la salle. Les sympas devant. Et moi, tentant d’obtenir un bout de silence, au moins, pour avoir la chance de tenter quelque chose.

Rapidement, je me suis séparée en 2 morceaux

Le premier faisait le job, l’air convaincu et imperturbable, tentant de rétablir l’ordre. Et l’autre s’est fendu la pêche. Génial, me disais-je,  après tant de salles conquise et attentives, il est encore possible de vivre un truc pareil.

Mais oui, mais oui, et MERCI !!!

C’était frais !

Je ne sais pas pourquoi ils étaient dans un tel état. Etait-ce ce que je leur disais ou comment je le le faisais ? J’ai appris ensuite qu’ils avaient dégradé leur hôtel la veille et se plaignaient de tout depuis le début de leur convention. N’empêche, j’étais capitaine et mon bateau coulait.

Sortie fatiguée, forcément

Mais j’avais rendez-vous, encore, avant de finir la journée, avec Anaïs qui voulait m’interviewer. Elle m’a offert un verre de rosé, nous avons bavardé, et le temps s’est remis à voler. Elle m’a accompagné jusqu’à la gare. Les portillons automatiques empêchent les adieux de dernière seconde, alors nous sommes séparées au pied de l’escalator.

Et là, elle m’a dit « Attendez, j’ai pensé qu’être dans un train à 22 h méritait un petit cadeau  » et m’a tendu ce bocal rempli de marshmallows. Je l’ai embrassée.

Anaïs, ce bocal m’a sauvé la journée

Oui à 22h, le nez dans la poussière, on a faim, c’est très vrai. Et même si les TGV vont vite, je n’enlèverai pas mes chaussures avant très tard. Mais au lieu de me refaire le film de mon fiasco, je suce des chamallows roses et je me dis que j’ai une putain de chance. De vous avoir vue ce soir, d’avoir pris un risque quand même, et de m’offrir une bonne remise en question que je vais inaugurer dès demain par une journée de vacance en pleine semaine.

Comme dirait l’immense Elizabeth Gilbert, face à l’adversité  :  onward !

Allez, hue !

 

Publié le 26 octobre 2018

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4 commentaires sur “Life saver”

  • laurent David dit :

    Bonjour Florence, je savais que l’après-midi était dense pour les participants mais somme toutes à la hauteur d’une après-midi de plénière avec plein de sujets professionnels… et tu étais le cadeau pour ouvrir ses chakras, les uns et les autres…. et là en tant qu’organisateur j’étais au bord de la crise de nerfs et je n’en revenais pas… ce qui s’est produit est impensable et non conforme aux valeurs que nous sommes sensés tous partager… Désolé pour cela, je n’ai pas de mots suffisamment forts pour dire ce que je ressens personnellement…. mais surtout et surtout Florence, ne change rien à ton discours de positivité ! c’est une expérience uniquement , il y en a plein d’autres à venir , positives et épanouissantes !

  • Delphine Choukroun dit :

    Bonjour Florence,
    Merci pour votre partage.
    Cela montre qu’on apprend à chaque niveau de notre parcours et que c’est un superbe signe d’évolution qui est offert pour se rééquilibrer avec soi.

    Cela montre aussi l’humilité et l’humour que l’on se doit avec soi-même dans toute épreuve car on découvre des facettes inconnues hier qui se dévoilent aujourd’hui. C’est toujours un +.

    Puis enfin, votre message met l’accent sur la jouissance de l’instant présent et de la reconnaissance de chaque instant.
    Donc merci à vous !

  • Isabelle Schmitt dit :

    Merci pour ce partage qui me donne envie d’être plus douce avec moi quand je n’y arrive pas ! Ça me remonte le moral !

  • Laurent Poirot dit :

    Effectivement assemblée très dissipée ! Le sujet traité ne méritait pas un tel cadre.

    J’en suis désolé pour vous.

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