Le smiley n’est pas jaune par hasard

Article
Laisser un commentaire 1

Pour être exact, il l’est. Mais le hasard fait parfois bien les choses.

Orlagh O’Brien, a cherché à comprendre comment nos émotions affectent nos perceptions, et inversement. Mais aussi de visualiser leur impact physique, car une émotion est loin de n’être qu’une sensation de l’esprit.

Cette étude internationale a posé cinq questions à ses participant·es :

1 – Qu’est ce qui provoque en vous de la colère, de la joie, de la peur, de la tristesse et de l’amour ?

2 – Dessinez/gribouillez ce que vous ressentez physiquement pour chacune d’entre elle.

3 – A quel endroit précis de votre corps se manifeste-t-elle ?

4 – Quelle couleur associez-vous à chacune ?

5 – Vos émotions s’expriment-elles dans une direction particulière ?

Les réponses étaient principalement données par un dessin, hormis les couleurs, choisies parmi une liste exhaustive. 

La prédominance du jaune associé à la joie est manifeste. Et universelle.

En 1963, Harvey Ross Ball, lui-même graphiste et publicitaire en avait eu l’intuition, lorsque La State Mutual Life Assurance Company lui a demandé d’imaginer un badge à distribuer à ses employé·es. La société sortait d’une fusion difficile et ses patrons cherchaient un moyen pour remonter le moral des troupes. 

En quelques minutes, il a créé ce qui allait devenir le tout premier smiley :

Celui-ci a deux particularités. Un oeil et plus gros que l’autre et le trait du sourire inégal, qui cherchait à reproduire celle de la Joconde. L’image n’a jamais été brevetée et est devenue un tel symbole qu’elle est aujourd’hui déclinée en langage. Mais alors, les émoticônes auraient-elles tout faux puisque nous associons la confusion, la tristesse ou la peur à d’autres couleurs ?

Le choix du jaune est-il délibéré pour maintenir un semblant de légèreté dans nos échanges malgré leur  gravité ? Ou leurs concepteurs n’ont-ils ou elles pas osé être plus francs ? Troisième possibilité, l’équipe a décidé d’ignorer ces datas pour plus d’harmonie visuelle.

Reconnaissons ceci à nos échanges graphiques. Les émotions négatives nous impactent plus fortement que les positives. En lançant des smiley à tout bout de champ, nous participons à glisser plus de joie un peu partout. Alors futiles, les bisous jaunes ? Et bien pas tant que ça.

Publié le 7 février 2020

Étiquettes : , , , ,

A lire aussi

Frisson

C’est un email reçu tout à l’heure qui m’en a procuré la sensation. Il n’était ni amoureux, sexuel, ou ...

En corps

J’ai reçu pour mon anniversaire un cadeau étrange. Un bracelet en caoutchouc muni d’une puce qui compte, enregistre, vibre ...

Chroniques d’A

A et moi nous connaissons de l’une de nos vies précédentes. Elle parle ici de son expérience de la ...

Un commentaire sur “Le smiley n’est pas jaune par hasard”

  • Pneus Mags dit :

    En effect, le jeune est celle qui apporte à la vision la plus grande part de luminosité et elle porte en elle une telle brillance qu’elle est capable de frapper l’oeil avec grande intensité.

Commenter