On nous avait prévenues, le spectacle vivant est un tourbillon. Et en effet, quelle différence d’expériences, déjà, en 3 représentations, à peine. Le premier soir où nous avons joué la Fabrique à Kifs, au Vingtième théâtre, il s’agissait juste de survivre à l’exercice. Arriver au bout de la représentation en ayant oublié le moins de texte et de pas possible.

Le lendemain, le choc de la différence de public nous avait déjà déstabilisées. En face de nous, les réactions ont commencées plus fraîches. Béatrice, notre metteure en scène nous a expliqué qu’au théâtre, le spectacle rencontrait son public à un moment, dans la soirée. Mais ce moment change à chaque fois. La concentration ne se lâche donc jamais car rien n’est prévisible.

Dimanche soir dernier, nouvelle donne. Nous avons joué au Théâtre de l’Atelier, à Paris. Une salle deux fois plus grande que la précédente. 560 personnes déployées sur 3 étages. Il pleuvait à torrent dehors et le public avait attendu longtemps. Les lumières n’étaient pas encore calées 30 minutes avant le spectacle et nous étions encore en baskets, sur la scène pour indiquer nos placements, 20 minutes avant le lever de rideau. Nous avons filé dans les loges pour nous changer et nous maquiller quand les portes se sont ouvertes.

Même pas le temps de flipper. Notre pianiste chauffeur de salle, bloqué dans les intempéries, n’est jamais arrivé et de toutes façons, le top départ est très vite arrivé. Et là, surprise immédiate. L’Atelier était en feu : chaleureux, rigolard, excité et participatif. Une ambiance incroyable. Isabelle est entrée en clamant « Bonsoir ! » La salle riait déjà.

Nous n’avions pas trouvé le moyen de nous revoir, toutes les 4 (Audrey, Isabelle, Béatrice et moi) avant la veille, pour une courte matinée, seulement. Donc pas de nouvelles répétitions ou améliorations possibles. Nous avons fait du mieux que nous avons pu. Avec quelques trous et oublis. Nous tendant perches et secours, les unes aux autres. C’était presque plus sympa comme ça, qu’en mode parfait sans douter de rien.

Sur la scène de ce théâtre, il y a un sol en feutre. Confort maximal. Pas de bruit de pas ou de risque de glissade. En fait, ce simple tissu résume la sensation qui nous a envahie. Nous étions en sécurité. Au coeur de cette chaleur, même nous tromper nous aurait été pardonné. Le public et l’équipe technique nous ont portées. Mais qu’est-ce qu’on a kiffé !

Même François-Xavier Demaison avait fait le déplacement pour venir nous voir. Et non seulement il a ri, mais il nous a depuis demandé de venir jouer dans son théâtre à la rentrée. C’était définitivement une grande soirée.

Nous sommes désormais d’accord. Fort de notre maintenant immense expérience, aucune représentation ne se ressemble et ne se ressemblera. Notre seul regret, ne pas rejouer vite vite, car comme pour toutes les bonnes choses, on a quand même envie que ça recommence. Même si je vous l’avouerai ici, tant d’émotion me désaxe pour les 24h qui suivent. Difficile de dormir, de travailler ou de me retrouver. Mais n’est-ce pas pour cela qu’on va se mettre en danger ?

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3 commentaires sur “Jamais pareil”

  • Caroline Ceintrey dit :

    Bonjour,
    J’étais ravie d’avoir pu assisté avec une amie à cette Fabrique à kifs dimanche dernier. Un spectacle positif et enthousiasmant !
    J’ai une question très girly, je ne sais si vous pourrez y répondre (au moins par mail personnel peut-être pour ne pas faire de la pub) : quelle est la marque de vos fabuleuses chaussures à vous 3 ? Elles nous ont tapé dans l’œil depuis le balcon !
    Merci et bon dimanche

  • Florence Servan-Schreiber dit :

    Presque, Delphine ! Nous commencerons à jouer, un lundi soir sur 2 à partir du 10 octobre.

  • Delphine dit :

    Je suis ravie que vous ayez été prise dans la frénésie et la magie du théâtre. Depuis que vous parlez de votre pièce, j’ai envie de vous voir en scène. Et là, que lis je ? Vous rejouez à la rentrée ? Dites moi que ce sera le 3 et 4 septembre, et vous faites mon bonheur !! (je serai justement à Paris ce we là….). Tenez nous vite au courant des dates svp !!
    Bravo pour ce que vous nous faites partager. Grâce à vous, je me suis lancée dans mon 1er jeûne cette année cette année, qui tombait comme par hasard la même semaine que le vôtre. J’ai souri en l’apprenant, vos récits précédents m’avaient donné l’élan de tenter l’aventure. Je n’ai pas regretté. Solairement vôtre

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