L’autocompassion, c’est pas du bidon

Chronique France Mutuelle
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Je rentre de l’université de Berkeley, en Californie, où j’ai participé à un atelier “Autocompassion et pleine conscience” animé par Kristin Neff, chercheuse en psychologie positive à l’université d’Austin, Texas. C’est son histoire personnelle qui m’a le mieux permis de comprendre l’utilité de cette pratique.

L’autocompassion est une attitude à adopter envers soi-même. Celle de se comporter face à ses échecs et difficultés comme nous serions tentés de le faire à l’égard de nos amis : en leur témoignant attention, chaleur, compréhension et soutien. L’autocompassion n’est ni de la pitié ni de l’apitoiement, mais bien de l’indulgence, qui nous inscrit dans une expérience humaine universelle.

Kristin Neff partage volontiers son expérience de mère d’un petit garçon autiste. Au parc, alors que les autres enfants jouent ensemble ou communiquent en riant avec leurs parents, Rowan tape sur le toboggan des heures durant. La première réaction de sa maman consiste à se demander pourquoi cette fatalité s’est abattue sur leur famille. Pourquoi son fils aura tant de mal à se relier aux autres. Son oeil envieux balaie les parents sur les bancs autour du bac à sable, et elle réalise qu’elle ne connaît rien de la réalité de leur vie. Qu’il est impossible de deviner les tragédies qui encombrent les parcours et émotions de chacun. Elle revient alors vers elle-même pour honorer sa douleur, tout en se rappelant qu’en décidant de devenir mère, elle avait, de fait, signé pour la grande aventure de la parentalité, comme tout un chacun. Avec ses surprises, plaisirs, angoisses et déceptions. En plus, donc, de choisir à nouveau, à cet instant, d’être la mère aimante de Rowan, elle adresse une pensée affectueuse aux familles qui les entourent ainsi qu’à elle-même.

À bien y réfléchir, nous naviguons tous dans le grand bain des émotions et des contrariétés. L’autocompassion permet aussi de désingulariser sa propre douleur pour se redonner du coeur à l’ouvrage.

Lorsqu’on demande à des étudiants ayant échoué à une épreuve de s’octroyer par écrit de l’autocompassion, leurs résultats sont meilleurs aux rattrapages que ceux des élèves qui ne sont pas passés par cette étape. Le courage de surmonter nos obstacles doit être soutenu, pour chacun d’entre nous. Alors, si nous le faisons naturellement pour les autres, n’oublions pas que la personne dont nous connaissons le mieux les fragilités reste nous-même. Plutôt que de nous le reprocher, apprenons donc à l’honorer pour mieux pouvoir continuer.

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Un commentaire sur “L’autocompassion, c’est pas du bidon”

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