J’écris ce texte, courbatue mais victorieuse, rescapée d’un corps à corps avec le passé pour provoquer l’avenir.

Depuis des années, ma maison se fissure. Fondations insuffisantes, mouvements de terrains et sècheresses excessives l’ont blessée de toute part. J’ai longtemps reculé, rechigné et résisté à lui venir en aide. Pour tout un tas de raisons : travaux trop longs et trop chers, résultat d’une faute à personne administrative qui me laisse seule face aux conséquences de cette déchéance.

Mais plus encore, j’ai peur de casser quelque chose de sacré : le havre, le repli et le temple de tous ceux que j’aime. J’ai la trouille de brouiller une onde qui nous berce à chaque fois. A ceux qui disent que le matériel ne compte pas tant que cela, j’opposerai la puissance de certains lieux au sein desquels l’amour éclos, les enfants grandissent, les familles famillent, les couples couplent et tout le monde fraternise. Pour moi donc, un gros pas touche.

Mais nous ne pouvions plus reculer. Un calendrier a été fixé. Cachée derrière mon petit doigt, il nous manquait un détail, lâché par l’architecte remontant dans sa voiture : la maison doit être intégralement vidée pour commencer à travailler. Aussi nue qu’un patient qui va être opéré.

Je n’ai pas dormi cette nuit-là. Voyant défiler les monceaux de vie, de meubles, de trucs, de chine, de générations et de trop. Au petit matin, ne tenant plus devant ce tout, je n’ai pas appelé des déménageurs, mais au secours. Peu importe le temps limité qu’il me restait avant de retourner travailler, j’avais physiquement besoin de m’y confronter. Ce que ma tête a si longtemps refusé, mon corps allait accomplir, pour apaiser mon cœur.

Ma Karmacrew, si précieuse et généreuse a débarqué. Combien je vous souhaite vous aussi, d’avoir le numéro de celles et ceux qui, à la blancheur de votre voix, savent déjà qu’ils vont rappliquer.

Chacun est arrivé, certains sont juste passés. Comme lorsqu’une grange est construite chez les Amish. Tous au service de la mission. Il ne nous aura finalement fallu, dans le rire, la sueur, l’amour, l’expertise, le travail inlassable, et le rosé, que 4 jours pour tout faire disparaître. Trier, donner, jeter, emballer, ranger, organiser, déplacer, hésiter, recycler, aspirer er recommencer. Il y aura eu le carambolage à la déchetterie, le client du bon coin qui n’est jamais venu, le passant qui a tout emporté, les vieilles revues pornos démasquées, la tenue de mariée réessayée, les photos impayables, la voisine magicienne et ses gratins déposés, pour nous rassasier.

Il y aura surtout eu une place creusée physiquement pour l’avenir qui me procure enfin la sensation, que nous allons avancer.

C’est donc à genoux, mais debout, que je reviens à ma vie normale. Allégée, enthousiaste, fière et impatiente, mais surtout, aimée et inondée de gratitude. La maison a, dans cette opération, tellement moins compté que l’amitié. C’est donc un incroyable merci que je crie à tous ceux qui m’ont aidée et rappelée à quel point il est toujours puissant de juste répondre oui.

A ma Karmacrew : Ciche, Kas, Manon, Léon, Elie, Alex, Anne-Sophie, Arielle, Camille, Joël, Sylvain, Pénélope, Perla, Jean-Louis. MERCI.

Publié le 31 août 2018

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Un commentaire sur “Ma Karmacrew”

  • Sterckx dit :

    Comme vous écrivez bien Florence !!! 🙂 C’est un régal de vous lire. Merci de partager, d’inspirer, de nous faire rire et nous émouvoir… Bonne route pour la suite et belle rentrée. On vous aime, sachez-le ! Je vous envoie une petite cargaison de bonnes ondes… de mon lieu de vacances :-).
    Olga

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