La réussite, par Madeleine

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« Réussite : On entreprend, et on arrive à son but. C’est Sagan qui avait dit quelque chose la dessus d’assez joli: « On tente quelque chose, et la vie est d’accord ». En effet, Il n’y a pas de réussite si la vie n’est pas d’accord.

Mais si on a la réussite ca veut dire aussi qu’on va dans le sens de la vie, qu’on a tenté quelque chose qui était possible, qu’on a donc tenu compte d’une quantité infinie de paramètres dont beaucoup sont inconscients, qu’on a fait jouer pour soi toutes sortes de lois physiques, sociales, tenant compte des autres, tenant compte de soi, même si l’on a, comme on dit, franchi ses propres limites: on était quand même dans le réel, sinon ça n’aurait pas eu lieu.

Donc il y a dans le mot réussite, un sens de la vie et de la maîtrise. Je crois que c’est cela qui nous fait plaisir et qui nous comble. Je crois que lorsqu’on a un peu, justement, le sens de la vie et de la grandeur, on n’est pas jaloux de la réussite des autres, au contraire, on se dit: « Chic, une réussite ! ».

Quand un arbre porte ses fleurs, c’est une réussite et on s’en réjouit; quand un être humain atteint son but, c’est une réussite et donc on devrait s’en réjouir: je me réjouis de la réussite des autres. Elle préfigure la mienne, éventuellement. Elle me donne le sentiment que la vie sur terre n’est pas qu’une série de drames et de catastrophes. Il peut y avoir des succès et il y en a énormément sinon nous ne serions pas là, toi et moi, à se causer.

Il y a aussi, évidement, des réussites dans le mal: ça porte quand même le nom de réussite. J’aime à penser que ces réussites là sont éphémères et vont se casser la figure. Un crime … réussir un crime, réussir un assassinat, réussir à tromper le fisc, réussir à passer de la drogue à la frontière, ce sont quand même des réussites: on le voulait, on l’a combiné, on y est arrivé. Elles sont comme le vers dans le fruit, ce sont des réussites qui portent leurs destruction à l’intérieur d’elles-mêmes. Mais pendant un instant l’acte humain a été accompli. »

Madeleine Chaplsal répond ici à une Innerview d’Emile Servan-Schreiber, publiée sur Atlantico, le site d’infos.

J’aime la dimension collective qu’elle donne à la réussite de l’un ou de l’autre. Elle a tellement raison.

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