Tu veux jouer ?

Chronique PSYCHOLOGIE POSITIVE MAGAZINE
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Qui veut jouer ? Si notre réaction naturelle est de nous faire tout·e petit·e pour éviter que ça tombe sur nous, voici de quoi réviser notre position et surtout, nous redonner envie de nous ébattre, comme ça, pour rien. Jouer est instinctif et bien loin d’être une perte de temps. Car le jeu aiguise nos capacités motrices, développe nos compétences sociales et notre résilience émotionnelle.

Gordon Burgharde, étiologue, nous rappelle les cinq critères du jeu. Il s’agit de s’adonner à une activité sans raison particulière, répétitive, probablement exagérée, spontanée et effectuée de façon détendue et non stressée. Jouer peut être réalisé entre espèces, lorsqu’on joue avec son chien ou que le chat joue avec la souris.

Les bonobos sont les primates le plus proches des humains et les observer nous renseigne sur des comportements que nous pourrions adopter. Or contrairement aux autres singes, lorsqu’ils se rencontrent, ils ne se battent pas pour établir leur territoire, mais jouent ensemble. Ils construisent alors des liens interpersonnels forts, qui vont favoriser leur survie. La capacité à percevoir les émotions d’autrui nous incite au pacifisme et le jeu permet aux jeunes de toutes les espèces de parfaire leur lecture d’autres personnalités. Car dès de l’âge de quatre ans, nous mimons ceux qui nous entourent, manifestant les premières formes d’empathie.

Quant au rat, s’il ne grandit que parmi des adultes, sans partenaire pour batifoler, son cerveau ne développera pas sa capacité à prendre des décisions. Le neuro chercheur comportemental Segio Pellis en conclue que refuser à un enfant la possibilité de jouer le privera de compétences indispensables à sa vie adulte. Lors d’une étude portant sur plus de 6000 personnes[1], il a été confirmé que s’amuser est en fait très sérieux, car nécessaire pour développer son optimisme et sa capacité à être satisfait. Et plus encore, pouvoir se sentir compétent et authentique.

Mais les jeux de nos enfants sont en train de se modifier de façon vertigineuse. Il y encore une génération, un morceau de ficelle suffisait à lancer une partie de quelque chose, seul·e ou avec quelqu’un, alors qu’aujourd’hui, pour sept heures passées derrière un écran, nos petits joueront sept minutes dehors. Nous nous devons donc de les envoyer grimper aux arbres et lancer des cailloux, car connaître des situations de risque est tout aussi important pour se préparer à appréhender le fonctionnement de son corps et de ses propres limites. Si nos enfants ne s’ébattent pas, une génération entière risque des connaître des difficultés mentales et comportementales. Jouons avec eux pour les leur éviter.



[1] Etude menée par l’Institut National du jeu, fondée par le Professeur Stuart Brown

 

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