a vie en équilibriste, une chronique de Florence Servan-Schreiber

La vie en équilibriste

Chronique CLES
Laisser un commentaire 2

Nous voulons tout. L’amour, la gloire, la beauté, la passion, la tranquillité, l’utilité, la chaleur humaine, la bonne distance, l’agilité, la disponibilité, la motivation, le plaisir, les traditions, les innovations… Et même des surprises, pour saupoudrer tout cela. Se sentir vivant consiste à laisser s’entrechoquer ces paradoxes et à y puiser notre énergie.

Avoir des projets, ou pas

Gourmande, la jeunesse embrasse toutes ces possibilités. Sans savoir quels seront les dénouements des projets. Parfois sans même en avoir, des projets. La planète est entière, la liste des pays à visiter complète, et tout reste à venir.

Suivre sa route est le meilleur moyen de s’engager sur des chemins qui nous entraînent vers d’autres sentiers. On y rencontre ses facilités, ses limites, ses difficultés, ses victoires et ses échecs. Si notre vie est menée avec envie, nous connaîtrons des défis. Principalement ceux qu’entraîne le fait de vivre avec d’autres que soi, mais aussi avec soi-même.

À force, on devient plus lucide

Au début de l’aventure, nous ne connaissons pas encore nos rengaines. Ces tourments qui reviennent encore et encore parce que nous sommes ainsi faits, et que l’histoire que nous nous racontons sur nous-mêmes peine à évoluer. Avec le temps, nous devenons de plus en plus lucides et expérimentés. La liste des pays à visiter se réduit car nous en avons déjà vu certains.

Au passage, nous goûtons à l’amour, aux passions, à l’utilité, au repos ou à tout ce que nous souhaitions, qui défilent de façon inégale, satisfaisante ou douloureuse. Le chaos d’être en vie et en mouvement devient la source principale de notre énergie. Apparaissent les frustrations, les déceptions et les explorations qui réduisent encore un peu la liste des pays à visiter. Soyons clair, nous n’irons jamais dans certains d’entre eux. Dans le fond, nous n’en avons pas assez envie.

Jusqu’à l’homéostasie…

Et c’est ainsi que nous atteignons la stabilisation des différentes constantes de nos vies : l’homéostasie. Un équilibre imparfait, mais idéal. Du sur-mesure des ambitions, des plaisirs, des relations et des réalisations qui, plutôt que d’être tout, seront les plus justes pour nous-mêmes.

Mûrir consiste à devenir le chef de sa propre gare de tri. A éliminer des possibilités pour mieux embrasser celles qui nous font avancer. A reconnaître que se sentir bien a autant de charme que frôler les précipices. Que tête d’affiche nous ne serons peut-être pas, mais que nous sommes au centre d’un faisceau de relations, réelles et nourrissantes. Que le voyage est moins géographique que nous le pensions, bien que nous ne nous ennuyons jamais.

Bref, que vivre est compliqué, mais qu’en écartant bien les bras pour marcher sur ce fil d’équilibriste, c’est extrêmement dépaysant.

 

A lire aussi

Clés parle du livre Dîner de Kifs

Clés : les défricheurs

Le bonheur, ça se cultive Et si les rouleaux de printemps nous faisaient vivre plus longtemps ? Et si ...

Interview de Florence Servan-Schreiber sur Europe 1

Europe 1

Une étude internationale sur le bonheur dans le monde place la France à la 29e place. Les Suisses sont ...

Une soirée avec Christophe André

Une fois tous les deux mois, Jean-Louis et Perla Servan-Schreiber réunissent leurs amis autour d’un auteur ou penseur, au ...

2 commentaires sur “La vie en équilibriste”

  • Audrey dit :

    c’est corrigé, merci Laure !

  • Laure dit :

    Bonjour,
    Lorsque l’on clique sur “Continuer sur CLES” il y a un message d’erreur, la page ne se charge pas…
    Très bel écrit sinon 🙂

Commenter