Illustration : Aurore Petit pour CLES.

La belle conspiration

Chronique CLES
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Je me suis fait cueillir. Fermement mais délicatement par une main inattendue. Propulsée dans une réalité périphérique, mes frontières ont explosé. Scotchée ! Ça, pour m’avoir eue, ils m’ont eue. J’ai été la cible d’une conspiration. Une conspiration d’amour. Depuis quelques semaines, j’élaborais mollement des stratégies pour fêter mon passage de demi-siècle. Trop peu de temps pour organiser, pas assez d’énergie. Je souhaitais juste m’entourer de mes plus proches.
Road trip en famille, pour retrouver les enfants se disputant sur la banquette arrière. Qui l’eut cru ? Plaisir simple mais garanti. L’affaire a bien commencé dans une voiture, mais la destination m’était complètement inconnue. Premier arrêt au sommet du mont Lozère pour une cueillette de plantes sauvages comestibles : bourgeons de pin, orties et arnica. Expérience into the wild inédite. Poursuite en Camargue, avec la cuisine gardiane. Paysages, nouveautés, retrouvailles… j’étais franchement comblée.
Chaque demi-journée apportait son actualité. Comme l’arrêt chez une voisine pour boire le thé. Autour de sa table, étrangement, mes amis rassemblés, avec un torchon décoré. Créativité joyeuse, délicieuse et orchestrée. Et ce n’était pas terminé.
Rentrée à la maison, j’ai vu arriver, un à un, le reste de ceux que j’aime vraiment bien. Coupettes, gâteau, cadeaux. Version plus tradi d’une telle célébration. Sauf que.
Un paquet m’a été tendu. Lourd, grand. En le dépiautant est apparu un livre. Sur sa couverture, embossée et dorée, la lettre L. Je l’ai ouvert. Photo légendée d’il y a longtemps, lorsque j’avais des couettes. Puis à chaque page tournée, la machination se dessinait. Pour fomenter une telle émotion, il a fallu presque six mois de préparation. A la quatrième page, je ne voyais déjà plus rien. Comme un problème d’humidité. J’ai été obligée de m’arrêter. De le poser et d’en profiter pour tous les embrasser.
Mais une fois la maison vidée, j’ai retiré mes escarpins, bu un verre d’eau et j’ai lu. Tout lu. Interruptions, reniflages, buée, éclats de rire. Ces textes et créations sont merveilleux. J’y ai moissonné du talent, de l’amour, de l’excentricité, de la complicité, de l’ingéniosité, des révélations, des surprises, des explications, et de la tendresse, tellement de tendresse.
Et c’est ainsi, que pensant faire de la voiture, je me suis retrouvée au centre d’un faisceau dont je ne soupçonnais pas la puissance.
Certains ont invoqué de la retenue. Mais que serait cet ouvrage sans plus aucune barrière ? Juste une onde chaude d’énergie pure. Semblable à celle qui nous relie.
Merci, mon amour ; merci, mes amours. Vous m’avez donné envie, à vie, par votre ingéniosité, de bien plus souvent me laisser caresser.

 

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