Etat de choc positif

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Martin Seligman en a parlé lors de sa venue à Paris : nous vivons des chocs positifs.

Etat de choc signifie que quelque chose s’est modifié en nous. Quelques jours après la folle représentation de la Nuit du Kif que nous avons faite au Grand Rex, je sens les morceaux de mon intérieur qui tentent de se réorganiser.

Mes muscles sont affolés et douloureux, mon cerveau n’arrête plus de chanter Fireworks de Kathy Perry, même quand je lui demande d’arrêter. Il lui a fallu tant de concentration pour apprendre des paroles, des pas de danse et de nouveaux dialogues en un temps record, qu’il fait le malin maintenant. Sa façon de me dire : tu vois, on y est arrivé. Et moi de lui rappeler que nous sommes attendus, lui et moi, par le reste de ma vie. Il va falloir arrêter de fredonner.

Dimanche soir, j’ai gravi l’Anapurna, lâché les chiens et tout donné. Sur un coup de tête, mes camarades de la Fabrique à Kifs et moi-même avions débattu de l’endroit le plus fou dans lequel nous aimerions jouer quelque chose de plus grand. Je tenais au Grand Rex, Audrey voulait que cela s’appelle la Nuit du Kif et Isabelle était d’accord. Alors Béatrice, celle que vous ne voyez pas sur scène mais qui nous guide sur les planches, a joué de sa baguette fortiche : a convaincu le Festival d’Humour de Paris de nous accueillir et la scène étoilée du Rex de nous être confiée.

Et puis la vie a repris

Jusqu’à ce que quelques jours à peine avant la date, nous ne nous inquiétions de la matière de ce spectacle. De courtes répétitions ont pu être casées pour danser, chanter et se gourer. Nos « guests » étaient bookées, mais leurs contenus n’avaient pas été calés. Personne n’a choisi de vraiment s’inquiéter. Enfin un peu quand même, par ici. Mais dans l’effort de groupe, on fait confiance au groupe.

Le 17 février à 11h nous descendons dans les entrailles immenses de ce théâtre. Balisage obligatoire pour s’y retrouver. Les pros nous rejoignent et nous découvrons le « filage » d’une troupe de 25 artistes sur scène pour 28 techniciens encadrés par 10 sherpas de prod : on cherche le fichier du Karaoké dans tous les ordis, a-t-on pensé ou oublié de faire la cible ? Quelle cible ? Michel Vedette est attendu sur scène, reste-t-il des carottes râpées ?  Les ordres se passent sur WhatsApp pour les enchaînements. A 16h, nous en sommes toujours à pivoter sur nos talons pour intégrer chorégraphies et dialogues à ce qui a été notre master class de bonheur, dans une vie antérieure.

Ouverture des portes dans 5 minutes

Nous détalons dans les sous-sols. Il faut se préparer, j’ai vraiment mal aux pieds, les nouveautés de la journée me font totalement paniquer et les larmes commencent à couler. En un sanglot seulement, me voici entourée par nos ténors de l’humour et du spectacle : Bérangère Krief, Verino, Gwendal Marimoutou, Valérie Damidot et les Airnadettes, qui même additionnés, ne font même pas mon âge. Pourtant, ils me rassurent et m’encouragent comme une enfant. Alors je me ravale, larmes et façade.

– « En scène dans 7 minutes ».

Nous montons à l’échafaud lentement

C’est très haut. Et très beau. Nous formons toutes les 3 notre petite ronde rituelle avant d’entrer en scène. Résignées devant la panique, nous sommes, en fait, sereines. À ce stade, plus d’issue. Comme lorsqu’on s’apprête à sauter d’un avion, un parachute sur le dos. Exactement pareil.

Les premières notes lancent le top. A partir de là, je n’avais plus ni pieds, ni tête. Nous étions une masse commune, intégrée aux deux mille personnes qui avec nous, vibraient, dansaient, chantaient, riaient et nous portaient.

Je me suis réveillée toute de strass vêtue

Couverte de confettis. Je chantais Katy Perry, mon cerveau définitivement frit. Le choc avait eu lieu, mais j’étais vivante. Bien plus vivante qu’un dimanche normal ou que n’importe quel jour de ma vie, en fait. Vivre cela, j’en avais eu tellement envie.

Et je chante encore, dans ma tête, en priant, en fait, de rester décalquée le plus longtemps possible. Car chaque muscle endolori reste la preuve que tout cela a bien eu lieu. Une nuit du kif passe tellement vite, que j’en chéris mes séquelles. Même s’il ne me reste aujourd’hui plus que mes doigts pour parler, tant j’ai perdu ma voix. Donnez moi juste un peu de temps pour savourer tout cela, encore un instant. Merci.

 

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Un commentaire sur “Etat de choc positif”

  • GROTA BARRIO Vahl dit :

    Bonjour Florence, ce fût un très grand moment pour nous aussi, j’ai pu emmener un ami et nous avons kiffé graaaave!!! c’est la 3em fois que je voyais votre show et je dois dire que je pourrai encore le voir pour le plaisir de partager encore et encore avec d’autres amis!!!.. aussi j’ai décidé ce matin d’offrir maintenant votre livre les 3 kifs, en cadeau de naissance, les parents pourront ainsi vivre une co-naissance…. Merci merci merciiiii

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