Connaissez-vous le snacking social ?

Chronique Psychologie Positive
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Bonheur par ci, bonheur par là, bonheur pour toi, bonheur pour moi… Mais vers où, précisément, nous entraîne la quête de ce qui  nous fait du bien ? Vers l’intérieur, assurément !
Les voies de recherche et les conseils se multiplient dans ce sens. Nous le faisons d’ailleurs avec entrain, ici même. Décortiquer ce que l’on sait pour aller vers le mieux. Mieux se connaître, mieux s’écouter, mieux prendre soin de soi, assumer d’être soi.

Mais voilà, à force de tourner autour de notre propre piquet, ne risquons-nous pas de confondre connaissance de soi et fixette personnelle ou de privilégier Narcisse au détriment du reste ? Il est, certes, important de s’occuper de soi : de son sommeil, de ses repas et de ses choix d’occupations, cela va sans dire. Mais l’être humain est un animal social et ce qui donne de la valeur à notre appartenance à cette espèce reste la relation avec les autres.

Martin Seligman et Ed Diener, les fondateurs de la psychologie positive, ont publié dès 2002 leurs recherches sur les liens entre le bonheur et les échanges que nous entretenons. Rien ne dépasse la sensation d’être reliés, même à des gens que l’on ne connaît pas. Les chercheurs appellent cela le snacking social.
Ceux d’entre nous qui établissent des connexions avec des étrangers, dans des files d’attente, dans les transports, etc., ont une longueur d’avance sur les plus réservés. La valeur de ces interactions provient de l’amplification de notre caisse de résonance. Elle nous permet, via les autres, d’échapper à notre propre voix 
et à notre seul esprit. Nous bénéficions de la présence d’autrui aussi bien sur le plan psychologique que physique. À l’inverse, la sensation de solitude consumera à petit feu notre résistance mentale et physiologique.

Rien ne dépasse la sensation D’ÊTRE RELIÉS

Pour les introvertis, le snacking social est à vivre comme un jeu : tenir une porte, donner un coup de main. Un contact ne se limite pas à une conversation, c’est souvent une action, dont même les timides ressortiront plus satisfaits.

Le « top du bonheur » réside dans nos relations profondes et réciproques, mais nos interventions sur les réseaux elles-mêmes participent à ces rapports. Plus nous actualisons notre statut souvent*, sans même tenir compte des retours des autres, moins nous nous sentons seuls. Nous ne serons ni plus heureux ni moins déprimés, mais au moins nous nous sentirons plus entourés. Le bonheur n’est en aucun cas une auto-entreprise, on a toujours besoin pour s’épanouir d’être en lien avec ses coéquipiers.

*D’après une étude de Fenne grosse Deters à la Freie Universität de Berlin.

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