On a tous des appétits

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Je suis intervenue lors des Prix de l’Eco à Biarritz sur la thématique du bonheur au travail et de ses effets positifs sur l’entreprise.

 

« Sud Ouest » À l’heure de la multiplication des burn-out, peut-on concilier bonheur et entreprise ?

Florence Servan-Schreiber Oui, bien sûr. On sait bien qu’il y a des gens en burn-out dans le travail, comme il existe des gens malades dans la société. Mais la plupart des salariés, comme de la population, sont bien portants et épanouis dans leur travail. Il faut dès lors se demander pourquoi et comment ces gens sont épanouis. Comment font-ils ? C’est ce que je fais avec la psychologie positive, pour comprendre ce qui nous épanouit. Ce n’est pas un concept, mais bien une réalité. En dehors des gens en souffrance, personne ne se lève le matin en se disant simplement qu’il va au travail pour gagner son salaire.

Comment agir sur cette notion de plaisir ?

Chacun peut prendre du plaisir dans un endroit où il peut s’exprimer. Au travail, cela ne se réduit pas simplement au baby-foot ou aux soins de massage. Il faut se demander comment on peut se servir, dans son travail, de la particularité de sa personnalité. Quel est mon appétit, ma façon de faire pour travailler ? C’est ce que j’appelle les super-pouvoirs de l’individu. Il ne s’agit pas de choses exceptionnelles, mais de persévérance, de justice, de créativité que l’on a dans la vie de tous les jours. C’est la manière dont on s’en sert qui n’est pas si banale. Comment fait-on pour exploiter ces qualités ? Le cerveau est souvent orienté sur les aspects négatifs, mais en chacun d’entre nous, il y a une partie saine où puiser le positif.

Le bonheur est-il mesurable ?

On se rend compte dans les entreprises que lorsque les gens sont satisfaits, l’absentéisme chute et le niveau de performance augmente. Quand j’interviens devant des managers, je leur demande : « Est-ce que vous mesurez le bonheur de vos collaborateurs ? Est-ce-que vous connaissez leur niveau de bonheur ? Quel est leur niveau de satisfaction ? » Il ne faut pas avoir peur des réponses. Si la note est de 6/10, il reste une marge de progression, si elle est de 3/10, c’est une alerte qu’il faut prendre en compte. Ce niveau de bonheur est un outil de management et de leadership. À 30 ans aujourd’hui, tout le monde sait qu’il ne fera pas sa carrière dans la même entreprise. Par rapport à ça, il faut savoir quel est l’équilibre du moment. Depuis cinq ans, je constate une accélération permanente des préoccupations des dirigeants sur ce point. Aujourd’hui, une entreprise comme Airbus s’intéresse de près aux relations humaines, il y a une véritable évolution de la mentalité managériale. La demande vient des collaborateurs et les managers sont plus attentifs.

Rencontrez-vous des managers heureux ?

Je sais que beaucoup de managers sont heureux. Leur préoccupation, c’est surtout : comment atteindre plus d’agilité ? Cela peut s’acquérir à condition, encore une fois, de ne pas avoir peur de la réponse à cette question. L’entreprise mesure la performance en permanence. Il faut aussi s’intéresser au tableau de bord humain. S’il augmente, les tableaux de bord chiffrés augmenteront aussi.

Pour reprendre une de vos expressions, on peut donc « kiffer » dans son travail ?

Oui, dans le milieu professionnel, on kiffe. Personne n’aspire à une vie moyenne, on a tous des appétits. On va éprouver du bonheur au travail, dans l’échange, dans la relation.

Certains, par exemple, vont s’éclater à faire des tableaux Excel toute la journée. Tout dépend des ressentis de chacun. C’est fonction des appétences.

 

Pour lire la suite de l’article, rendez-vous sur Sud Ouest.

Publié le 29 novembre 2017

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