Interview de Florence Servan-Schreiber pour l'Optimisme.com

L’optimisme : du kif et de la patate

Presse
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« 3 kifs par jour » : rencontre avec l’auteure Florence Servan-Schreiber

Professeure de bonheur, auteure de 3 kifs par jour et de Power Patate, Florence Servan-Schreiber part en tournée avec La Fabrique à Kifs, un spectacle qu’elle a monté avec Audrey Akoun et Isabelle Pailleau. Interview.

DU KIF ET DE LA PATATE

Florence, comment vous présenteriez-vous ?

Je suis professeure de bonheur. Dans le détail, je suis auteure, journaliste, consultante, cuisinière cathodique, chèfe d’entreprise et comédienne. J’utilise toutes mes compétences pour partager les enseignements de la psychologie positive.

Comment êtes-vous parvenue à vivre de vos passions ?

Déjà, pas du premier coup. Mais j’ai souvent eu la chance d’aimer faire ce qui me permettait de gagner ma vie. Quand ça n’était pas le cas, ça s’est mal fini. Et mes goûts ont évolué, parfois d’eux mêmes, parfois par la force des choses. Je m’y suis donc adaptée, j’ai pris pas mal d’initiatives, me suis parfois vautrée et toujours relevée.

C’est votre livre 3 kifs par jour qui vous a révélée auprès du grand public. Qu’est-ce qu’un carnet de gratitude ?

Tenir un carnet de kifs consiste à noter 3 choses, événements ou circonstances pour lesquelles on éprouve de la gratitude. C’est un exercice à faire le soir en scannant sa journée, ou le week-end en reprenant le fil de la semaine écoulée. Non seulement le sommeil sera plus profond, mais on va ainsi développer sa capacité à devenir un détecteur de bénéfices. La lecture forcée des bienfaits de l’existence nous donne confiance dans nos circonstances et entraîne dans son sillon des bénéfices secondaires physiologiques et psychologiques.

Et vous, qu’est-ce qui vous fait “kiffer” ?

Aucune journée ne se ressemble. Car un kif n’est pas juste un plaisir, mais quelque chose qui est tombé à point nommé ou a provoqué une émotion particulière. Parfois ça sera une saveur formidable préparée par quelqu’un, mais parfois, une flaque d’eau croisée juste après avoir marché dans une crotte de chien fera tout à fait l’affaire.

Selon vous, de quoi dépend notre aptitude au bonheur ? Notre volonté, la génétique ou nos conditions de vie ?

Des 3. Nous sommes un alliage de prédispositions, de circonstances et de comportements. Parmi ces comportements, l’interprétation d’une situation peut faire la différence. Si face à l’adversité, je me souviens que toute situation ou émotion est passagère, je souffrirais moins que si je laisse le doute me gagner. On ne parle plus que de méditation en pleine conscience ces jours-ci, car c’est l’exemple d’une pratique qui nous dissocie de nos pensées. Je ne suis pas ce que je pense, je ne fais que penser ce que je pense…nuance.

De la même façon, lorsque la vie pique trop, de se forcer à trouver des raisons de dire merci nous propose un aiguillage plus léger. Toutes ces pratiques servent en fait à mieux faire face aux complications et aux imprévus.

Pourriez-vous donner 3 conseils à ceux qui aimeraient se faire la vie plus belle ?

1. Continuer à apprendre pour générer de nouvelles envies,

2. ne pas être trop dur avec soi-même

3. et se lancer.

Notre power patate, c’est cette composition unique de notre personnalité, de nos talents et de tout ce qui peut nous aider à avancer dans la vie, nos super pouvoirs. Quelle est la vôtre ?

Ma power patate se nourrit de contrastes. Une partie de moi, est furieusement précise et fonçeuse alors que l’autre est totalement fantaisiste et paresseuse. Je suis poussée par ma curiosité, chauffée par ma créativité, animée par l’amour & incitée à me dépasser pour la beauté (au sens large) ; en m’assurant de ne rien prendre de tout cela trop au sérieux.

kifs
Quels sont les principaux freins à l’activation de notre potentiel et comment peut-on commencer à les lever ?

Le conformisme, la peur de ne pas être aimé si on se montre tel qu’on est, les salades qu’on se raconte ou qu’on nous a racontées et que l’on a fini par gober.

La seule chose qui peut les lever est d’essayer de s’y prendre autrement et de voir comment on se sent. Mieux encore, de revisiter les situations au cours desquelles nous nous sommes senties particulièrement bien pour en trouver les points communs. On n’a pas besoin de se réinventer pour être plus heureux, juste d’appuyer de plus en plus là où on (se) fait du bien.

Vous donnez une masterclass sur le bonheur avec Isabelle Pailleau et Audrey Akoun au théâtre, et vous en avez tiré un livre, La Fabrique à kifs. Racontez-nous en un mot l’histoire du spectacle et ce que le public peut y trouver.

Cette Fabrique à Kifs est une application pratique du message que nous faisons passer à nos lecteurs, patients ou clients. Faites ce qui vous tente ! Isabelle, Audrey et moi avions une vieille envie de théâtre. L’une pour danser, l’autre pour chanter, la 3è pour se faire peur. Alors nous y sommes allées. Au nom de la rapidité avec laquelle la vie passe, il nous a semblé propice de laisser clore ce désir-là. Etre à plusieurs nous a porté. Nous avons commencé timidement à écrire, pour voir, et quelques accélérations et rebondissements plus tard, nous étions sur scène, l’estomac dans les talons. Comme trois ex-petites filles archi-éclatées.

Mais le fond reste en béton. On découvre dans ce spectacle 10 enseignements de la science du bonheur en pratiquant même certains sur place. Nous avons été épatées par l’accueil du public puisqu’à ce jour, toutes les représentations ont été complètes. Nous prolongeons donc notre calendrier au théâtre de l’Œuvre à Paris et commençons une tournée.

 

Lire l’intégralité de l’interview sur L’optimisme

 

Publié le 20 mars 2017

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