La fabrique à kifs : ces joies immences, par Florence Servan-Schreiber

Joies immenses

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Je traverse une période d’immense joie professionnelle. Ca m’a frappée, ce soir. Rentrée vers 18h de 4 jours de voyages et représentations au théâtre, entrecoupés de conférences dans la journée, je me suis écroulée de fatigue. Une heure plus tard je rouvrais les yeux. Reposée et repue.

Pas plus tard que ce matin, levée à 5h30 pour quitter Toulouse au petit matin, je rejoignais Versailles, sur une moto, sous un ciel éclatant. Protégée par la carapace de mon casque, j’ai décidé quel serait le sujet de mon prochain livre. Entrevu le chemin que je voulais emprunter pour y arriver et apprendre tout ce que je pourrais sur mon passage. La vitesse, le ciel bleu, la musique dans les oreilles, je criais ma chance intérieurement.

Ces représentations de la Fabrique à Kifs ne sont pas qu’un simple exercice. J’ai toujours eu envie de faire exactement cela : un pas de danse entre le pitre et la connaissance, la fantaisie et la contribution. J’aime porter un costume, me préparer, sentir les ailes de mes papillons battre dans mon ventre et découvrir à chaque fois ce qui nous attend. On commence quelque chose sans avoir la possibilité de se retourner, de s’arrêter ou d’hésiter. Le contrat avec soi est que l’on va tout donner. Quelle que soit l’humeur ou le doute. Et précisément, c’est dans un cas comme celui-là que parfois nous nous sentons parfaitement alignées. A Toulouse, nous avons eu la sensation de voler. Toutes les 3 enfilées comme des perles sur le même collier.

Alors ce soir, je mesure l’inconscience qui nous a embarquées jusqu’ici et la période bénite qui s’en suit. Ces représentations sont des cadeaux car elles mélangent la peur, les progrès, des lumières différentes à chaque fois, une salle pleine de gens vivants et uniques, l’incertitude, le soulagement, l’incrédulité et souvent le triomphe partagé avec nos spectateurs. C’est une immense cerise sur mon gâteau.

Et comme je le fais rarement, et bien ce soir, je vais l’écrire et me le dire : j’ai eu raison. Raison d’avoir suivi mon envie, d’avoir bravé la peur et la menace de l’impossible. D’avoir surtout permis à la très jeune Florence qui savait déjà qu’elle kifferait de tels moments immensément de ne s’être jamais découragée, au point de rappeler à la femme que je suis devenue qu’il était largement temps de se mettre un coup de pied au cul pour aller chercher ce rêve enfoui. Audrey, Isabelle et moi nous sommes simplement réveillées de la torpeur des choses à faire, de nos responsabilités et priorités pour faire un peu de place à nos voix les plus profondes.

Nous avons juste choisi, sur ce coup-là, de ne pas nous oublier. Et grâce à cela, nous vivons des moments d’immense abandon.

Combien de femmes sont déjà venues nous voir, dont une encore hier soir pour nous dire : « C’est exactement ça que j’ai envie de faire. »

Que vous répondre Mesdames ? Allez-y, faites-le. Choisir ce qui comptait tant a fait pousser nos ailes et c’est parce que je les sens battre ce soir que j’ai eu envie pour la seconde fois aujourd’hui de crier ma joie. Je crois que j’ai vraiment de la chance et que sur ce coup-là, je nous la dois et ça va bientôt faire un an que ça dure !

Venez-nous voir, nous jouerons encore quelques fois avant l’été : les 2, 3, 4 et 24 avril à Paris et le 25 avril à Lille.

 

Publié le 30 mars 2017

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